Langlès, Louis Mathieu
Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan décrits sous le double rapport archeologique et pittoresque: et précédés d'une notice géographique, d'une notice historique, et d'un discours sur la religion, la législation et les moeurs des Hindous (Band 1) — Paris, 1821

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6o NOTICE GEOGRAPHIQUE

qui paroissent s'y être établis dès les premiers siècles de l'ère chrétienne ; ils
suivoient le rit arménien. A la première nouvelle du débarquement de Yasco
de Gama dans ces parages, ils lui envoyèrent une députation pour réclamer
sa protection. Il seroit difficile de dépeindre l'étonnement de l'amiral portu-
gais en trouvant si loin de sa patrie des hommes qui professoient à-peu-près
la même religion que lui Il traita leurs envoyés avec les plus grands égards,
leur promit la protection de son souverain, et les recommanda aux généraux
qu'il laissoit en retournant en Europe (en i5o2). Les Portugais ne tardèrent
pas à supplanter le petit radjah, qui possédoit alors le canton de Cranganor,
décoré du titre pompeux de royaume.

* 4° Province de Malabar. — Calicut.

Tout auprès de cette ville, vers le dixième degré cinq minutes nord 2, com-
mence l'ancien royaume de Calicut, ou plutôt la province de Malabar pro-
prement dite, comme on la nomme maintenant. Elle ne contient que les états
du Samorin, puisqu'elle se termine vers le douzième degré vingt minutes de
latitude septentrionale. Elle est bornée au nord par le Kânara, à l'est par les
Ghâttes, et à l'ouest par la mer; elle peut avoir 5o lieues de long sur 12 de
large. Une partie de cette côte est couverte de collines, entremêlées de vallées
qui s'étendent des Ghâttes au bord de la mer. Les hauteurs donnent naissance
à de nombreux ruisseaux qui fertilisent ces vallées ; l'autre partie offre une
plage sablonneuse et aride le long de la mer, et n'a jamais plus d'une lieue
de large: au-delà commence une plaine fertile, sur-tout en riz, et quelques
éminences très propres aux cocotiers. Une bonne partie de la province est
entrecoupée de petits bras de mer qui forment des îles longues parallèlement
à la côte. Pendant la saison des pluies, la portion de la côte non entrecoupée
par des bras de mer se trouve submergée, et les habitants ont beaucoup de
peine à se procurer de l'eau potable, jusqu'à ce que le retour de la sécheresse

(1) Ils étoient alors au nombre de trente mille
ames. Voyez Asia de J. Barros, etc. t. I, part. 2,
p. 62, édit. de Lisbonne, 1778, in-8°. —Voyez
aussi Ramusio, Fiaggi, tom. I.

(2) Depuis le dixième degré cinq minutes de

latitude jusqu'au douzième vingtminutes. Voyez
la belle carte de la province de Malabar publiée
par le laborieux et zélé M. Arrowsmith en 1817,
en une grande feuille.
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