Langlès, Louis Mathieu
Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan décrits sous le double rapport archeologique et pittoresque: et précédés d'une notice géographique, d'une notice historique, et d'un discours sur la religion, la législation et les moeurs des Hindous (Band 1) — Paris, 1821

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i5a NOTICE GEOGRAPHIQUE

famille de Bhonsolo, qui descend en ligne directe de Sévâdjy". Ce râdjah con-
séquemment est plus respecté que celui de Pounah2. Les chefs mahrattes dé-
posent toutes leurs richesses dans le fort de Gâvyl, à 4o lieues nord-ouest (21
deg. 11 min. de latit. ) de Nagpour. La plupart des petits souverains de la
Presqu'île ont coutume de mettre ainsi leurs trésors en sûreté dans des for-
teresses. Gàvyl-ghor, corruption de Gayol-ghor, est construit sur un rocher,
du côté du nord, dans cette chaîne de montagnes qui gît entre les sources
du Dournah et du Tapti. La citadelle, bien régulièrement fortifiée, est dé-
fendue par un fort extérieur et une muraille très épaisse flanquée de tours,
avec trois portes, dont Tune au sud conduit au fort intérieur, l'autre au nord
au fort extérieur, et la troisième, également au nord, communique avec la
troisième muraille; toutes les avenues sont fort escarpées, même du côté
du village de Lambadah, et exposées entièrement au feu de la garnison.
Malgré ces formidables fortifications, et le courage des troupes mahrattes
qui les défendoient, le poste fut enlevé d'assaut par le général Wellesley et le
colonel Stevenson, après un siège de deux jours, le 14 décembre i8o3;
mais la Compagnie des Indes ne tarda pas à le restituer au râdjah de Nag-
pour, d'après le traité du i5 du même.

§ IX. Le Gandouana.
Quoique je place Nagpour dans le Bérâr, je n'ai garde d'oublier que plu-

tisfaisante de X Jyïni-Akbéry, il faut quelque-
fois recourir aux dictionnaires samskrits et hin-
doustânys; voilà pourquoi M. Gladwin, un des
Européens les plus profondément versés dans le
persan, a été contraint, dans sa traduction, de ne
donner que la transcription d'un assez grand
nombre de mots étrangers à la langue persane.

(i) Foyez ci-dessus p, 33, 36, 46 et 117, et Or-
rae's Hi tor.fragm.p. 126.—Rennell's Memoir
of a map of the Peninsula offndia, etc. p. 12.

— Pennant's View ofHindoost. tom. II, p. 119.

— Anquetil et Bernouilly, Mémoires géogra-
phiques sur l'Inde, tome II, page 184. Nous
remarquerons, en passant, que Nagpour signi-
fié en samskrit, et dans les langues qui en dé-

rivent, la ville des serpents. Le ruisseau qui ar-
rose cette ville se nomme Nagned ou Nagnélah,
rivière des serpents. On connoît aussi la véné-
ration des Egyptiens anciens et modernes poul-
ies serpents. Le serpent Haridy jouit encore
chez eux d'une certaine considération, comme
on peut s'en convaincre par le témoignage de
Norden, t. II, p. 66 de la dernière édition de son
Voyage en Egypte et en Nubie, que j'ai pu-
bliée en 1795-1798, 3 vol. in-4°, avec un assez
grand nombre de notes tirées principalement
des manuscrits arabes de la Bibliothèque du
Roi.

(2) Voyez sur Nagpour la note de la page-
suivante.
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