Langlès, Louis Mathieu
Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan décrits sous le double rapport archeologique et pittoresque: et précédés d'une notice géographique, d'une notice historique, et d'un discours sur la religion, la législation et les moeurs des Hindous (Band 1) — Paris, 1821

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DE L'HINDOUSTAN. 57
d'Andjengo; son palais avoitprès d'une demi-lieue d'étendue. Il auroit pu mettre
sur pied une milice de cent mille hommes, armés de lances et de flèches.

Les principales productions du Travancore sont le poivre, qui produit an-
nuellement 485,ooo roupyes; les noix de coco, dont on compte quatre es-
pèces, un lak de roupyes (3oo,ooo francs); le gingembre, a5,ooo roupyes ;
le caïre, 3oo,ooo; la racine jaune de turmeric, 10,000; le coprah ou amande
de coco séchée, 20,000; enfin de la casse, des noix de muscade, des dents d'é-
léphants, du narval (coculus indicus), de la cire et du bois de sandal.1

Les principales villes de ce petit état sont :

Tirouvandaram, nommée aussi Trivanda-patnam et Térouvanda-pouram,
à 20 lieues du cap Comorin : c'est la résidence ordinaire du radjah de Tra-
vancore pendant l'été principalement. La forteresse étoit d'une très mauvaise
construction; mais le palais est vaste et bâti dans le goût européen, décoré d'un
grand nombre de tableaux, de pendules et autres ornements d'Europe. Le
kërit ou roi de Travancore habite de préférence un petit édifice fort mesquin,
où il est entouré de ses chers Brahmanes. Au reste la ville est très peuplée;
et en 1785, outre les habitants domiciliés, on y comptoit une garnison de
quatre cents cavaliers patans, mille naïrs ou nobles malabars, et dix mille
cipayes disciplinés à l'européenne.

Andjengo, colonie angloise fondée en 1694 par la Compagnie des Indes,
avec la permission de l'imprudente reine d'Atinguen. Cette colonie angloise a
donné naissance à la belle, à la sensible ElisaDrapper, qui fut si tendrement
aimée du bon Sterne, que Raynal se glorifioit d'avoir eue pour amie.

La plupart des habitants des côtes sont musulmans ou chrétiens. Les Hin-
dous se retirent dans l'intérieur des terres, à cause de leur aversion pour la
mer; préjugé qui leur est commun, suivant la judicieuse remarque du père
Paulin de Saint-Barthélemy, avec les anciens Egyptiens et les Persans 2 : ils
n'en approchent que pour faire leurs ablutions. Le même voyageur parle d'une
autre place maritime nommée Barcole, où se trouvent une pagode et une
magnifique piscine {coulant) où le roi vient se baigner tous les ans. Un

%

(1) Pennant's Hindoost. tom. II, p. 1 et i75. (2) Viaggio aile Indie orientale, p. 3i.

Forbes Orient. Mem. t. I, p. 383. — Wilk's
Sketches, etc. t. III, p. 12, 24.

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