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Langlès, Louis Mathieu
Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan décrits sous le double rapport archeologique et pittoresque: et précédés d'une notice géographique, d'une notice historique, et d'un discours sur la religion, la législation et les moeurs des Hindous (Band 1) — Paris, 1821

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https://doi.org/10.11588/diglit.12708#0105

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I

74 NOTICE GEOGRAPHIQUE

chute de Typou. Quelques pauvres habitants proposèrent de la rebâtir si le
gouvernement vouloit les seconder. La ville au reste semble vouloir sortir
de ses ruines, et l'on y a établi une douane.

Dans une plaine de riz très bien cuîtivée, à une demi-lieue au plus de l'em-
bouchure d une petite rivière, est située la ville de Gaukarna (corne de vache),
célèbre parmi les Brahmanes, à cause d'une image de Siva, nommée Mahâba-
leswara; cette idole passe pour avoir été apportée de la montagne Coïla ou
Kailaça, située dans la chaîne de l'Himalaya, près le Tibet", par Pvâvana, tyran
de l'île de Ceylan {Lanka). Il vouloit la transférer à sa capitale, mais l'ayant
déposée ici, elle s'y est fixée, et n'en est pas sortie jusqu'à ce jour. Les Brah-
manes montrèrent à M. F. Buchanan plusieurs donations de terres et inscrip-
tions qui ne remontoient pas au-delà des 16e, i5° et 14e siècles. Cet intéres-
sant voyageur vit dans une espèce de chronique soigneusement conservée
chez un comptable héréditaire, que la grande pagode de Mahâbaleswa pos-
sédoiten i38 * de J. C. un revenu annuel de 12,000 pagodes (près de 120,000
fr. ) en fonds de terre. Gaukarna forme la limite septentrionale du Haïga ou
Haïva qui faisoit autrefois partie des domaines de Ràvana.

Un peu au-delà de Gaukarna, par i3 degrés 37 minutes, commence le
Rankana des géographes hindous, quoique la division actuelle du Rânara
se prolonge jusqu'au i3e degré 55 minutes sur la côte, et beaucoup plus haut
dans l'intérieur des terres, de manière qu'elle renferme encore les villes
suivantes :

Soudha-Poura , que les Européens et les Musulmans nomment par corrup-
tion Soundah. Cette ville, dont la fondation ne remonte pas au-delà de la
dernière moitié du 16e siècle, est maintenant en ruines. C'est, en très grande
partie, la propriété des riches Brahmanes du Haïga. Tout me porte à conjec-
turer que les Djaïns et les Bouddhistes sont antérieurs aux Brahmanes dans
la Presqu'île : nouvelle preuve en faveur de mon opinion, que cette partie
de l'Inde doit sa civilisation à l'Abyssinie, d'où Bouddhah étoit évidemment
originaire, et non pas au haut Hindoustân2. M. Buchanan qui croit, comme

(1) Cette montagne est aussi le palais des vantes, du tome II, où vous lirez Kêlaç.a.
dieux, l'olympe des Hindous; et elle occupe (2) Voyez différents rapprochements que je

une place importante dans leur théologie. crois favorables à ma conjecture, p- 136, i4o

— Voyez ci-après pages 67, 68 et sui- et suiv. du tome II.
 
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