Langlès, Louis Mathieu
Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan décrits sous le double rapport archeologique et pittoresque: et précédés d'une notice géographique, d'une notice historique, et d'un discours sur la religion, la législation et les moeurs des Hindous (Band 1) — Paris, 1821

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DE LHINDOUSTAN. i37
toujours située dans l'ancien soubah de Beydjâpour. Elle est composée de
quatre ou cinq aidées, dispersées au milieu d'une plaine, et traversées chacune
dans toute leur longueur par un vaste bâzâr, où l'on trouve toutes les mar-
chandises de l'Europe et de l'Asie. C'est réellement un grand village dépourvu
de fortifications, et qui couvre environ trois quarts de lieues carrées. Les mai-
sons jusqu'à la hauteur de i/\ pieds sont bâties avec des masses de granit, la
partie supérieure est en bois, le mortier, les briques et les tuiles sont de si
mauvaise qualité que la pluie suffit pour les délayer, et, après de grands orages,
il ne reste de beaucoup de maisons que la charpente et les pierres. Les rues
portent le nom des divinités hindoues, dont les figures et toutes les actions
les plus remarquables, et même les plus obscènes, sont peintes sur l'exté-
rieur des maisons. Une épaisse muraille, flanquée de quatre tours rondes et
avec une seule entrée, environne le château de Pounah, résidence du frère
du Péïchouâ et des autres membres de sa famille., Le Péïchouâ habite une
maison d'un style plus moderne dans l'intérieur de la ville. En 1809, sa hau-
tesse résolut, de se faire construire un palais par un architecte anglois; il
choisit même l'emplacement, et le consacra en le couvrant d'une espèce de
mortier composé de bouse de vache et de cendre ; les derniers désastres de
ce prince et des Mahrattes qu'il commandoit, auront interrompu cette im-
portante entreprise. La population de Pounah ne s'élève pas à plus de cent
mille ames, nombre peu considérable pour la capitale d'un grand empire.
Elle est située à la jonction de deux rivières, dont l'une, le Mouta, peut
avoir cent toises de large, l'autre est le Moula; leur réunion forme le Mouta-
Moula, qui se jette dans le Bhima, lequel se décharge à son tour dans le
Krichna \ A l'est de la ville, plusieurs excavations, semblables à celles de
Carli et d'Eléphanta, mais d'une moindre dimension, renferment différents
bas-reliefs sculptés sur place, et représentant quelques personnages et épi-
sodes de la mythologie indienne.

Au nord du Beydjâpour et des rivières de Bhima et de Krichna est située

page 7, g, etc. — Et M. Moore cité dans la note
précédente.

(1) Ancpjetil , Zend avesta , tome I, page
CGXXXVli. —Rennell, Me/noir for a Map, etc.
par. 208. —Ormes Histor. fragrn. note lxxiii,

t .

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