Langlès, Louis Mathieu
Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan décrits sous le double rapport archeologique et pittoresque: et précédés d'une notice géographique, d'une notice historique, et d'un discours sur la religion, la législation et les moeurs des Hindous (Band 1) — Paris, 1821

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^34 NOTICE HISTORIQUE.

irrités de la préférence accordée à ceux-ci, les Dekhanyens jurèrent leur perte,
et ils en firent un grand carnage. Ceux de ces étrangers qui échappèrent
s'emparèrent de plusieurs forteresses, et un d'eux, nommé Youçouf-A'âdél-
cbâli, fils du sulthân othoman Mourâd ou Amurat II, le vainqueur du roi
Ladislas, s'empara de l'autorité suprême, détrôna Mahmoud II, dernier
sulthân Behmény, et se fit proclamer en 1489 à Beydjâpour, où il fonda la
dynastie Aâdél-châhy qui posséda le Beydjâpour, Ahmed-nâgar et Gol-
conde, jusqu'à ce qu'elle fut dépouillée de ses états, et même exterminée par
Aureng-Zeyb en 1686. Sous le règne d'Youçouf-A'âdél-châh, un eunuque
abyssin, à qui le râdjah de Beydjâya-nâgara (Bisnagar ou Narsinga) avoit confié
les gouvernements de Kalbergah, de Sâguer et autres cantons situés entre la
rivière de Bhima et le Talinga, résolut de secouer le joug de son maître, et se
fit reconnoître souverain dans son petit gouvernement. Il me seroit facile
de multiplier ici les exemples de l'ambition et même de la supériorité des
Abyssins à l'égard des Hindous, qui n'ont garde, malgré les traits et sur-
tout la noirceur de la peau de ces Africains, de les confondre avec les mal-
heureux nègres, auxquels ceux-là se croient avec raison très supérieurs.

La dynastie mahométane des Nizâm-châhy, nommée Béhry (fauconnière),
gouverna pendant 187 années le très petit royaume d'Ahmed-nâgar, qui
fut fondé en 1489 par Ahmed-Nizâm-châh, fds de Mâlek-nâïb-moulk-béhry,
originairement Brâhmane de Beydjâ-nâgara. Ayant été enlevé dans , son en-
fance par l'armée du sulthân Ahmed-châh-behmény, il fut fait Musulman et
élevé parmi les esclaves du roi. On lui confia d'abord le soin des faucons
femelles nommés Béhry. Par la suite, il fut nommé gouverneur du Talan-
gana et reçut les fiefs de Râdjah-mendhrey et de Koudapah. Ces acquisitions
furent considérablement agrandies par Ahmed - Nizâm-âl-moulk, qui se
révolta ouvertement contre son bienfaiteur, et finit par s'arroger l'autorité
suprême et prendre le titre de châh(monarque) en i49*« Deux ans après,
mécontent des habitants de Daulét-âbâd, il bâtit dans leur voisinage une
ville qu'il nomma Ahmed-nâgar ( voyez pages 4I_49> n&-> 14^ -145 ). Les
travaux furent poussés avec tant de vigueur qu'en deux ans la nouvelle ville
pouvoit rivaliser avec le Caire et Baghdâd. Ce prince manioit le sabre avec
une étonnante adresse ; souvent sous son règne les plus légers différents se
vidoient le sabre à la main avec la permission du monarque et quelquefois
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