La chronique des arts et de la curiosité — 1909

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N° 2. - 1909. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) 9 Janvier.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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ULe numéro

O fr. 25

PROPOS DU JOUR

Pvon a eu depuis quelques jours grand
Ta w su jet de se plaindre à Paris, et la
laideur des rues a soulevé des
protestations générales. Il est des
questions a hninistratives qui ne sont pas de
notre ressort, et. qui d’ailleurs ont été toute
la semaine abondamment traitées ailleurs.
Mais, dans ces affaires de voirie, il nous
appartient de parler en faveur de la beauté.

L’étranger arrivant la semaine dernière et
se souvenant de tout ce qu’il a entendu dire
de la capitale de la France a dû être fort
étonné. La neige partout amoncelée, les com-
munications interrompues, les palissades se
dressant sur les voies défoncées, formaient un
tableau des embarras de Paris à côté duquel
celui de Boileau est incolore. Et après ce
moment de désarroi administratif et d’impuis-

sance municipale, quel spectacle affreux de
boue, de neige salie, de verglas accrochés au
trottoir a donné la ville qui passe pour la
plus harmonieuse d’Europe ! Des ensembles
comme la place de la Concorde deviennent
en pareille occurrence méconnaissables, et les
quais charmants de la rive gauche, après
quatre jours de dégel, n’étaient pas même
hier arrivés à reprendre leur aspect en l’hon-
neur d’une réception académique.

Si l’opinion a encore quelque pouvoir dans
notre pays, on peut espérer que pareille mé-
saventure ne se reproduira pas. L’indignation
a ôté unanime ; on a crié au scandale, au nom
de la commodité, et aussi au nom de l’élé-
gance. Quelle ville aura souci de sa beauté,
si Paris souffre de ses administrateurs res-
ponsables tant de négligence, et un si fâcheux
oubli de son éminente dignité ?

On a inséré dans la loi de finances, une
disposition prolongeant de trois ans le délai
durant lequel les objets placés dans les égli-
ses seront considérés comme classés. Nous
avions signalé l’urgence de cette mesure.
Mais elle ne suffit pas. Il faut désormais que
le travail de classement et de déclassement,
si courageusement entrepris par le service
des monuments historiques avec des moyens
insuffisants, soit mené à bien. Les nomina-
tions des inspecteurs-adjoints ne sont pas,
sans doute, pour faciliter ce labeur. On si-
gnale, de tous côtés, l’inertie des uns, et l’in-
capacité des autres : il est vrai qu’en les
nommant, on a moins songé à la destinée des
œuvres d’art qu’à placer des fonctionnaires.
Puisse le service des monuments historiques,
dans des conditions si difficiles, sauver ce
qu’il pourra de notre trésor artistique ! On en
est réduit à ce vœu.

-(-XH-

NOUVELLES

*** Par décret rendu sur la proposition du
ministre des Affaires étrangères, ont été nom-
més chevaliers de la Légion d’honneur :
MM. Léopold Ketten, compositeur et profes-
seur de musique à Genève; Auguste Petit,
artiste peintre, président de l'Alliance fran-
çaise de Rio.

*** Depuis la semaine dernière, est visible
au musée du Louvre, installée provisoirement
dans une salle du second étage attenante à
celle de la collection Thomy-Thiéry, la col-
lection d’objets d’art choisie suivant le désir
du testateur, dans la collection de M. Seguin.
Les départements des antiques et des objets
d’art du Moyen âge et de la Renaissance s’y
sont trouvés seuls intéressés. Les objets en-
trés ainsi au musée sont : un petit bronze
j gallo-romain, statuette d’Apollon; un petit
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