La chronique des arts et de la curiosité — 1909

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N° 13. — 1909.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6')

27 Mars.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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I_,e Numéro '• O fr. 2 B

PROPOS DU JOUR

es amis de Rome nous font part
d’une nouvelle aussi troublante
qu’inattendue: les jardins de la
Villa Médicis sont en danger d’être
dévastés. A l’heure même où nous écrivons,
d’après les nouvelles précises qui nous par-
viennent, le mal doit être déjà en partie
accompli. Le vieux Bosco, l’honneur de ces
jardins qui ont vu passer sous leurs ombra-
ges tant de générations d’artistes, est mis en
coupe réglée ; les chênes sont abattus ; les
verdures séculaires de la Villa vont périr.

On cherche en vain comment un pareil acte
de vandalisme a été possible. On veut douter
que la direction de la Villa y ait été consen-
tante. Et si, d’aventure, elle l’avait été, com-
ment aurait-elle pu procéder à ce sacrilège sans
que l’Etat fût averti, sans qu’il eût pris la
défense d’un bien national contre ceux qui
un avaient la garde ? Les établissements fran-
çais à Rome ne pas si nombreux; ils sont
■connus et fréquentés. Bien qu’elle soit loin
de l’Administration de l’Instruction publique
•et des Beaux-Arts, la Villa est placée sous sa
surveillance, sous sa sauvegarde. Comment
croire qu’il ne se soit trouvé personne pour
remarquer ce qui se passait, pour compren-
dre, pour protester ?

Ceux qui ont touché d’une main si lourde
et si impie aux jardins de la Villa ne se sont
pas aperçus qu’ils attentaient à un site célè-
bre par sa beauté et vénérable par la tradi-
tion qu’il représente. A Rome on les visite,
et on les aime ; on se plaît à évoquer le nom
de ceux qui s’y sont promenés depuis trois
siècles ; on admire le décor qu’ils forment à
la coquette demeure qui s’élève près du
Pincio ; ils sont un peu de notre pays au

cœur de la Ville Éternelle. A les dévaster, il y
a plus qu’une erreur de goût, il y a plus
qu’une faute contre le charme des jardins de
Rome, il y a un oubli inexplicable de ce que
représente au dehors la gracieuse maison des
artistes de France.

-W y An_J-f>-

NOUVELLES

*** M. Louis Bigot, ancien directeur hono-
raire de l’octroi de Paris, récemment décédé,
a légué au musée du Louvre u une somme de
cinquante mille francs, pour acheter un ta-
bleau de l’école française du xvme siècle »,
et en outre « trois gouaches du siècle de
Louis XIV placés dans des cadres en bois
sculpté et doré ».

*** L’Administration des Beaux-Arts delà
Ville de Paris fait connaître qu’à dater du
30 mars les musées municipaux (Petit-Palais,
musée Carnavalet, musée Galliera, musée
Cernuschi, Maison de Victor Hugo) ne seront
ouverts au public, le mardi de chaque se-
maine, qu’à midi et demi au lieu de dix
heures, la matinée devant être réservée pour
le nettoyage et la mise en ordre des galeries.

*** Par arrêté du préfet des Bouches-du-
du-Rhône, et sur la proposition de M. le maire
de Marseille, M. Amédée Gibert, artiste pein-
tre, a été nommé conservateur du Musée des
Beaux-Arts de cette ville. M. A. Gibert est
élève de T. Jourdan et de Gérôme; il obtint
en 1898 le grand premier prix de Rome de
peinture.

*** Le Salon des Artistes humoristes, qui
aura lieu au Palais de Glace du 25 avril au
15 juin, contiendra trois sections rétrospec-
tives consacrées au portrait-charge au xix° siè-
cle, à l’œuvre de Caran d’Ache et à celui
de l’humoriste allemand Wilhelm Busch.

*** Au cours de fouilles pratiquées la se-
maine dernière rue de Rambuteau et impasse
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