La chronique des arts et de la curiosité — 1909

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N» 38. - 1909.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) 18 Décembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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X_i« Numéro : O fr. 26

PROPOS DU JOUR

es Sociétés, les Ligues, les Asso-
rs vJ dations si nombreuses de nos
jours qui se sont vouées à la dé-
fense des monuments, des jardins
et des paysages ne manquent pas de travail.
On peut juger par l’exemple de l’hôtel Biron de
l’effort qu’il faut donner pour obtenir un ré-
sultat pratique. Ce charmant édifice et ses
dépendances paraissent cette fois définitive-
ment sauvés. Mais depuis six mois que de
discussions, que de démarches, que de tergi-
versations pour une mesure dont la nécessité
n’était discutée par personne ! Hier encore,
le gouvernement, décidé en principe à inter-
venir, n’était pas fixé sur les voies et moyens.
Le bruit courait — et nous l’avons signalé —
que l’État serait acquéreur. Aujourd’hui il
n’est plus question d’aller aux enchères; le
gouvernement déclare qu’il procédera à une
expropriation. Ce n’est peut-être pas le pro-
cédé le plus économique, mais c’est enfin une
solution, et c’est ce que l’opinion publique
souhaitait.

Mais à peine cette bataille est-elle gagnée
qu’il faut combattre ailleurs. On annonce que,
l’Etat ayant besoin d’un vaste terrain pour
une gare de son réseau, songerait simplement
à le trouver dans la forêt de Saint-Germain.
Ce serait un déboisement lamentable au point
de vue de la beauté du paysage, et très cou-
pable si l’on songe à l’exemple qu’il donne-
rait. Quand, de tous côtés, on essaie de limi-
ter les fantaisies dévastatrices des particu-
liers ou des administrations privées, quand
on fait appel à l’État contre les vandales,
c’est l’État lui-même, bravant les règles qu’il
doit défendre, qui donnerait le spectacle
scandaleux de l’insouciance et de labarbarie!

Il faut reconnaître que Sociétés, Ligues et
Associations auront là un sujet bien légitime
de se plaindre et de rappeler l’amère formule :
« Qui gardera les gardiens? '>

Il y a plus. Le déboisement n’est pas une
pure affaire d’esthétique. C’est aussi une
affaire d’intérêt national. On sait avec quel
zèle une association a poursuivi depuis quel-
ques années sa campagne en faveur du reboi-
sement. Elle a fait, en particulier dans les
régions montagneuses, des démonstrations
pratiques et déterminé des initiatives qui
auront pour effet à la fois d’arrêter le mal et
de diminuer les dépenses du budget. Cette
semaine encore, le gouvernement lui expri-
mait l’intérêt qu’il prenait à son œuvre et
louait cette entreprise de défense forestière.
Il se donnerait un éclatant démenti si demain,
pour trouver de la place, il saccageait une
forêt domaniale. Avoir sauvé l’hôtel Biron
est bien; mais il ne faut pas que ce soit un
acte isolé : il faut que la protection des mo-
numents et des sites entre définitivement
dans les mœurs, et qu’à une époque où l’État
n’a que trop de tendance à intervenir partout,
il ne néglige pas d’agir là où son action est
le plus justifiée.

NOUVELLES

*** On a inauguré jeudi dernier à Paris,
boulevard Port-B.oyal, un monument à la
mémoire du Dr Péan, œuvre du sculpteur Gau-
quié et de l’architecte Guillaume.

*** Une charmante statuette du sculpteur
Marin vient d’être donnée au Musée des
Beaux-Art> delà Ville de Parispar Mme Soyer,
née Ehrler. Cette statuette, exécutée en 1793,
représente une Bacchante couchée, groupée
avec ses enfants, qui fut sous ce titre exposée
au Salon de 1793 avec d’autres figures du
même artiste. Cette donation nouvelle de
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