La chronique des arts et de la curiosité — 1909

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LA CHRONIQUE DES ARTS

3° Que l’ancien parc de l’archevêché de
Limoges soit transformé en jardin botanique,
mais en sauvegardant ses beaux arbres;

4° La Société a posé le principe d’une sous-
cription mondiale en faveur des travaux
urgents nécessaires pour conserver au Mont
Saint-Michel sa situation insulaire grave-
ment menacée.

*** La Société libre des Artistes français
vient de constituer son bureau pour 1909 :
MM. Loiseau-Rousseau, président; Debat-
Ponsan et Pallez, vice-présidents ; de Schry-
ver, secrétaire général ; Mouren, trésorier ;
Franc Lamy, Mézy, Tisné, Déchin etHuvey,
secrétaires.

*** Aujourd’hui samedi, 23 janvier, à
8 h. 3/4 du soir, aura lieu à la Sorbonne,
dans l’amphithéâtre Turgot, sous les auspices
de la Société d’Études italiennes, deux con-
férences de M. Gustave Clausse, accompagnées
de projections, sur L'Isola Bella et Les Sculp-
teurs milanais aux xve et xvi° siècles.

PETITES EXPOSITIONS

« Quelques » (Galerie des Artistes modernes). —

Paul Sêrusier (Galerie Druet). — E. Fillard

(Galerie Georges Petit). — Albert Dagxaux

(Galerie Georges Petit).

Quelques femmes-peintres ont formé, à la Ga-
lerie des artistes modernes, une exposition tout
à fait agréable. Ce groupement féminin s’appelle
« Quelques », ce qui n’est pas parler une langue
châtiée ; d'ailleurs, la peinture de ces dames n’est
pas non plus très châtiée. Impressions fugitives,
notes légères, divertissements gracieux, voilà ce
que les « Quelques » nous montrent.Mais je crois
qu’il faut encourager les femmes-peintres à ne
pas vouloir faire des « tableaux ». Qu’elles laissent
cela aux hommes, qui, au surplus,'s’en acquittent
si mal à l’heure qu’il est. Toutes de sentiment,
d’instinct, les femmes sauront bien mieux que les
hommes fixer, avec la nonchalance qui convient,
le charme furtif d’un instant. Leur sensibilité,
plus vive que la nôtre, leur permettra de décou-
vrir, dans la disposition d’un intérieur, dans le
geste d’un enfant, une poésie familière et naturelle
que l’homme sentira moins-bien et qu’il exprimera
plus lourdement. On ne voit à cette exposition au-
cune œuvre méditée, fort peu de portraits, et, sauf
ceux de Mmcs de Boznanska et H. Amiard, la
plupart de ces portraits sont très médiocres ; une
seule composition, lourde, de Mme Marie Cazin.
Au contraire, une abondance extrême de natures
mortes et d’intérieurs; les joujoux aux colorations
violentes de Mme Blum-Lazarus ; les renoncules de
Mme Du hem ; les fleurs décoratives de Mm8 Gal-
tier-Boissière; la jacinthe voilée de Mme Delvolvé;
la salle Louis XIV de Mmc Norcros; quelques
paysages de Mm” Bristol-Stone, Piclion, Stettler,
Weise, etc.

Mais de cet ensemble attrayant, je tirerai pour
les citer à part Mme Duranton, qui baigne dans une
lumière fort juste des fleurs dessinées avec intelli-
gence; M1U Florence Esté, qui, pour regarder la

mer, se souvient des Japonais, et surtout, M"15
Béatrice TIo\v, qui a envoyé quelques études d’en-
fants où éclate cette tendresse souriante, spirituelle
et profonde qu’une femme seule pouvait éprouver
devant le fragile visage d’un bébé vagissant.

A la sculpture, on remarque un groupe de Mmo
Besnard, où le métier est remarquable et person-
nel. Mais Mmo Besnard n’est-elle pas un de nos
sculpteurs les plus éminents? ses terres cuites sont
célèbres et précieuses.

* *

M. Sêrusier a connu Gauguin. Ce1 a se voit. Mais
M. Sêrusier n’a pas été à Haïti, et il peint des Bre-
tons, des Bretonnes, ou des cortèges symboliques.
Pden de tout cela n’apporte le parfum des îles qui
donne à l’œuvre de Gauguin le meilleur de son
prestige. J’avoue ne pas goûter beaucoup l’art de
M. Sêrusier, dont les paysages, pourtant, sont par-
fois délicats. Mais il y a je ne sais quoi de ru-
gueux, d’inhospitalier dans cet art qui défend d’être
séduit. Toutefois, il faut rendre hommage à cet
artiste probe, désintéressé et, assurément, con-
vaincu. Jamais M. Sêrusier n’a cherché le succès
facile. Il a toujours fui les expositions. Il vit en
Bretagne et peint pour son plaisir, consciencieu-
sement.

*

* *

A la galerie Georges Petit, M. Fillard expose des
fleurs et des paysages, et M. Dagnaux expose des
paysages, mais pas de fleurs.

Jean-Louis Vaudoyer.

Académie des Beaux-Arts

Séance du 16 janvier

Décès. — M. le président fait part à la Compa-
gnie de la mort, que nous annonçons plus loin, de
M. Reyer. La séance est levée en signe de deuil ;
il sera adressé au maire du Lavandou un télé-
gramme exprimant les condoléances de l’Académie
dans ce deuil qui atteint, avec elle, les parents et
les compatriotes de l'illustre compositeur.

Académie des Inscriptions

Séance du 15 Janvier

Candidatures. — Le secrétaire perpétuel com-
munique trois lettres de candidature au fauteuil
de membre libre vacant par la mort de M. le doc-
teur Hamy : ce sont celles, par ordre alphabéti-
que, de MM. Adrien Blanchet, bibliothécaire ho-
noraire à la Bibliothèque Nationale; Paul Four-
nier, doyen de la Faculté de Droit de Grenoble;
F. de Mély, membre de la Société des Antiquaires
de France.

Éloge funèbre. — M. CorJiorlit la notice régle-
mentaire sur la vie et les travaux de son regretté
prédécesseur, M. de Boislisle.
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