La chronique des arts et de la curiosité — 1909

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ET DE LA CURIOSITÉ

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ea suivit les phases avec l’attentioa d’ua juge
avisé, et l'ensemble de ses feuilletons reflète d’une
manière remarquable l’évolution des idées durant
trois quarts de siècle. U ne s’agit pas seulement
du musicographe, car dès l’année 1847 Fétis détint
sans partage le sceptre de la critique à l'Indé-
pendance, où ses feuilletons musicaux alternèrent
alors avec ses « Salons » particulièrement goûtés.

A ces travaux de critique, Édouard Fétis joignait
d’importantes fonctions administratives. Entré à la
Bibliothèque royale au lendemain de sa création en
1838, il en gravit tous les degrés pour finir, en
1904, conservateur en chef. Ce poste, qu’il avait
assumé à soixante-quinze ans, il put l’occuper
jusqu’à sa quatre-vingt-douzième année. Membre
de l’Académie royale de Belgique depuis 1847, il
était naturellement le doyen de la Compagnie. Ici
encore il déploya la plus remarquable activité. Ses
discours, ses rapports, ses notices représentent la
matière de plusieurs volumes. Ses communications
sur Les Artistes belges à l’étranger (1857-1865),
seules réunies en un ensemble, sont entre les mains
de tous les historiens de l’art,

Membre de la Commission directrice des Musées
royaux et son président, Fétis fut le rédacteur du
premier catalogue historique et desciiptif du musée
de Bruxelles. Outre son excellente préface, cha-
pitre d’histoire absolument remarquable, ce livret
fut longtemps cité en Europe comme le mo-
dèle des œuvres similaires et, bien que maintenant
remplacé, demeure un livre d’informations de
sérieuse importance.

Fétis qui, depuis sa retraite, portait le titre de
conservateur en chef honoraire de la Bibliothèque
royale, n’avait point cessé de revenir tous les jours
dans ce sanctuaire de son culte pour les lettres et
les arts. C’est en franchissant les quelques pas
qui le séparaient du musée dont il allait présider
la Commission que, le 25 janvier, il fit la chute
aux suites de laquelle il dut la fin de sa longue et
laborieuse carrière.

Fétis, qui était aussi président de la Commis-
sion du Conservatoire de musique, avait été fait
grand-officier de l’ordre de Léopold dans le cou-
rant de 1908.

Le Musée de l'Etat hérite de son portrait, œuvre
tout à fait remarquable de la jeunesse de Gallait.
Quant à la curieuse collection de peintures et
de bois sculptés qu’avait réunie le défunt au
cours de sa longue carrière, elle fera, conformé-
ment aux prescriptions testamentaires, l’objet
d’une vente publique.

H. II.

Nous apprenons la mort, à l'âge de trente et un
ans, de M"10 Billig, née G-alliard, pianiste distin-
guée. Mme Billig avait donné plusieurs concerts à
la salle Erard, et s’était fait remarquer surtout par
son interprétation des œuvres de Chopin.

On annonce également la mort à Bruxelles, à
l’age de quarante-deux ans, de M,ne Cloiilde
Kleebarg, une des virtuoses du piano les plus ap-
préciées pour la finesse et l’élégance mesurée de
son jeu. Dès sa sortie du Conservatoire, où elle
avait eu son premier prix à l’âge de douze ans,
elle avait fait au concert des débuts tout à fait bril-
lants, remarquables surtout par une maturité mu-
sicale au-dessus de son âge. Sesqualilés lui avaient

fait une physionomie bien à elle de pianiste clas-
sique ou classico-romantique de demi-caractère, en
affinité parfaite avec Mozart, Mendelssohn et
Schumann. Très applaudie à Paris, elle avait fait
des tournées de concerts en Allemagne et en
Russie.

Depuis plusieurs années, Mme Kleeberghabitait
Bruxelles; elle avait ép )usé le sculpteur belge
Charles Samuel.

Le 23 janvier est mort à Berlin le peintre et des-
sinateur Rudi Rother. Né le 19 janvier 1863 à
Hirscliberg (Silésie), il fut élève de l’Académie de
Berlin et s’était adonné principalement à l'illus-
tration.

-O cp~-

MOUVEMENT DES ARTS

Dessins anciens et modernes

Vente faite à l’Hôtel Drouot, salle 7, le 27 jan-
vier, par Me André Desvouges et M. Loys Delteil.

6. Botli (A.). Les Gueux. Plume et bistre : 150.

— 19. Clodion. Faune ivre. Sanguine : 145. — 23.
Corrège (Ant. Allegri, dit le). Etudes de tètes. A
la sanguine : 215. — 26. Delacroix (Eug). Jésus au
Jardin des Oliviers. Aquarelle : 420. — 32. Du-
monstier (D.). Le Duc de Rohan. Aux trois
crayons. Signé: « Faict, ce 4 novembre 1684 pour
et par D. Dumonstiers » : 825. — 33. Durer (A.).
Tête de cerf. A la plume: 100. — 35. Dusart.
Scène de cabaret. Crayon noir sur vélin: 290. —
36. Dyck (Ant. van). Scène de triomphe. Grisaille :
200. — 38. Dyck (attr. à A. van). Un faune:
130 francs.

École française (xvm8 siècle). — 40. Un clair da
lune au bord de l’eau. Gouache: 255. — 4L Scène
mythologique. Grisaille : 210.

43. École flamande (xve siècle) : 110. — 46. École
italienne (xve siècle). Saint Jean-Baptiste? Minia-
ture : 125.

Goyen (Jan van). — 57. Les Chanteurs ambu-
lants: 290.— 58. La Halte devant l’Hôtellerie: 4C0.

— 59. Bords de la Meuse : 450. — 62. Les Fours
à chaux : 295. — 63. Bords de rivière : 410. — 64.
La Fête de village. Crayon et lavis : 520. — 65.
Entrée de village : 530. — 66. Paysage avec mou-
lin à vent: 480. —67. Scène de marché, à l’entrée
d'un pont : 555. — 68. La Halte : 455. — Vie Hol-
landaise au bord d’une rivière : 745.

75. Gravelot (H.). Le Marché aux poissons :
140 francs.

Ingres (J.-D.-A.). 78. Étude de femme nue,
assise. Mine de plomb : 3.500. — 79. Étude de
femme assise, les jambes allongées. Mine de
plomb : 580.

Lagneau.— 81. « Un vieux malin ». Crayon noir
et pastel : 445. — 82. « Une vieille maligne ».
Crayon noir et sanguine : 215. — 83. Un bon bour-
geois. Crayon noir et pastel : 550.

87. Lépicié. Portrait de Charles-Antoine Jom-
bert. Peinture. Signée et datée 1771 : 1.900.

88. Leyde (attr, à Lucas de). Tête de jeune
femme : 210. — 89. Portrait d’un jeune garçon.
Plume : 1.050.

90. Luyclcen (J.). La Place publique. Plume et
encre de chine : 380.

Menzel (Adolf). — 92. Un paveur : 160. — 93.
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