La chronique des arts et de la curiosité — 1909

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LA chronique des arts

A. André, la comtesse René de Béarn, MM.
André Bénac, Léon Bourgeois, Franz Custot,
Mme Michel Ephrussi, MM. Georges Gaiffe,
Fernand Halphen, MmtfS la vicomtesse d’Har-
court, la comtesse d’Haussonville, M. Louis
Flavet, MmeS D. Hermann, Henry Hottinguer,
Georges Kinen, la comtesse P. de Pourtalès,
Théodore Reinach, MM. le Dr Rieder, Romain
Rolland, Louis Schopfer, Mmes Séligman-Lui,
Ternaux-Compans, M. Jean Veher.

Créée dans le but d’aider dans le sens le
plus large au développement de l’art musical
en France, la « Société française des Amis de
la Musique » va pour le moment concentrer
son effort sur deux points qui, de l’avis de
tous, ont été trop négligés jusqu’ici dans
noire pays : l’instruction musicale des en-
fants et le développement des Sociétés cho-
rales.

Les statuts sont déposés au siège social, 6,
Chaussée-d’Antin, et adressés à toute per-
sonne qui en fera la demande au secrétaire
général.

*** Le musée d’art religieux du Puy vient
de recevoir en dépôt une crosse épiscopale
en argent doré de la Restauration, la garni-
ture de l’autel de la chapelle du grand sémi-
naire (époque Louis XVI), le portrait en pied
de Mgr de Morlhon, évêque du Puy, de 1846 à
1861, et celui du cardinal de Donald, premier
évêque concordataire du diocèse au rétablis-
sement du siège épiscopal (1827-1840).

*** En creusant les fondations d’une mai-
son,boulevard de la Sous-Préfecture,à Vienne
(Isère), on a mis au jour, à une profondeur
de 3 m. 50, divers objets de l’époque romaine,
notamment deux statuettes en bronze, dont
l’une absolument intacte, est une gracieuse
figure de Terpsichore mesurant 10 centimè-
tres de hauteur. La seconde, moins bien con-
servée, représente un dieu ou un personnage
romain, d’une hauteur de 20 centimètres.

*** On annonce que le portrait de Christine
de Danemark, duchesse de Milan, peint par
Ilolbein, qui appartenait au duc de Norfolk,
vient d’être acheté par MM. Colnaghi, de
Londres, pour la somme énorme de 1 million
650.000 francs.

*** Une dépêche de Sparte au Times an-
nonce qu’au cours rie fouilles opérées au
Menelaon, tombeau de Ménélas et d’Hélène,
par le directeur et les étudiants de l’Ecole
Britannique d’archéologie à Athènes, d’inté-
ressantes découvertes ont été faites : on a
mis à jour, en effet, des objets qui datent de
l’époque mycénienne, notamment des frag-
ments de poterie. Ce sont les premiers objets de
cette époque qui aient été découverts en cette
région.

*** L’Académie des Beaux-Arts de Munich
vient de célébrer le centenaire de sa fonda-
tion, retardé depuis l’an dernier. Son origine
remonte, en effet, au 13 mai 1808, date où le
roi Max-Joseph Ier approuva l’acte de cons-
titution, rédigé par le philosophe F.-W, Schel-
ling, du nouvel Institut organisé dès 1770.

*** M. Ivan Tsviétkov vient de donner à
la ville de Moscou sa magnifique collection
de tableaux russes, qui fera le pendant de la
galerie Trétiakov. La collection comprend
près de 1.500 numéros, aquarelles et dessins,
dont près de 300 tableaux proprement dits.
En même temps que sa collection, M. Tsviét-
kov donne à la ville la maison qui 1a con-
tient, construite en style russe sur les plans
de Victor Vasnétsov.

Les Récompenses du Salon

DE LA

Société des Artistes Français

(SuiteJ

Le Comité de la Société des Artistes français,
dans sa séance du 29 mai, a autorisé l’attribution
des médailles' suivantes :

Sculpture. — Médaille de 2° classe : M. P.-L.
Theunissen.

Médaille de 3“ classe : M. L. Dufrêne.

Architecture. — Médailles de 3‘ classe :
MM. J.-M. Morize, E. Meyer.

PETITES EXPOSITIONS

Les décors russes (Théâtre du Cbâtelet). — Mil-
cendeau (Galerie Devambez). — Husson (Galerie
Hébrard). — Guillaumin (Galerie Druet). —
H. Lismann (Galerie Eug. Blot).

Bien que ce ne soit pas ma tâche de parler
ici des spectacles de musique, on me permettra de
dire deux mots des étonnants décors, des magiques
costumes, que l’on peut voir en ce moment aux
représentations d’opéras et de ballets russes qui
se donnent au Châtelet. Chacun de ces décors est
l’œuvre de deux artistes : l’un, plus spécialement
peintre, fait la maquette, que le décorateur, en-
suite, exécute. Enfin, le plus souvent, les costumes
sont dessinéspar l’auteur de la maquette du décor.
Le résultat est tout à fait heureux. On évite ainsi
les discordances fréquentes qui proviennent,
chez nous, d’une entente insuffisante entre le
décorateur et le costumier. Le chef d’œuvre de
ces décorations est l’acte du Prince Igor. Plus de
trompe-l’œil; l’art du théâtre reste ce qu’il doit
être : une convention. La toile du fond suggère ;
elle crée l’atmosphère; par elle on voit le steppe
désolé, sa mélancolique et basse lumière dorée,
semblable en valeur à ces ors un peu roussis drs
laques orientaux. Et, sur cette toile mystérieuse,
passent des personnages admirablement costumés,
vêtus de robes aux colorations osées, mais dont
chaque détail est le festin des yeux. Qu’on imagine,
animée, la plus belle miniature persane. Tout le
parfum de l’Orient est là, qu’aide encore à percevoir
l’admirable mimique, directe et passionnée, des
choristes et des danseurs.

Un autre spectacle, Le Pavillon d'Armide.avait
une couleur moins sauvage. C’était une évocation
du dix-huitième, tel que l’Est l’a aimé, c’est-à-
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