La chronique des arts et de la curiosité — 1909

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N- 30. - 1909. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) 11 Septembre.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT II SAMEDI MATIN

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PROPOS DU JOUR

•i le Mont-Saint-Michel n’échappait
pas aux projets barbares qui le
menacent, ce ne serait pas seule-
ment la destruction d’un chef-
de l’art et de la nature; ce serait
l’échec démoralisant d’un mouvement d’opi-
nion considérable. Depuis quelque temps,
écrivains, voyageurs et artistes ne cessent de
plaider énergiquement pour la sauvegarde
du Mont-Saint-Michel ; des pétitions se sont
couvertes de signatures ; des brochures élo-
auentes ont paru ; de puissantes associations
se sont prononcées.

La requête de ceux qui veulent conserver à
notre pays cette richesse artistique se trouve
exposée dans un mémoire que la Société pour
la protection des paysages de France et le Co-
mité des sites et monuments pittoresques du
Touring-Club ont adressé au Parlement. Il
s’agit d’abord d’arrêter le mal: par l’élévation
artificielle des terrains à laquelle on pro-
cède depuis plusieurs années, par l’éta-
blissement d’une digue, le Mont-Saint-
Michel cesse peu à peu d’être une île,
et, jadis majestueusement isolé et battu par
la mer, il se transforme en une station ba-
nale. Ce qu’il faut donc avant tout, c’est faire
cesser l’élévation des terrains bas, et per-
mettre à la mer de circuler librement autour
de l’ile à toutes les marées. Il restera, cet
effort une fois accompli, à assurer l’avenir,
Pour que le splendide ensemble de rochers,
de murailles, de bâtisses qui fait de l’ile du
Mont-Saint-Michel un spectacle unique soit
à l’abri désormais des vandales, il faudra dé-
cider le classement total du Mont comme site
de caractère artistique, protégé par la loi du
21 avril 1906.

Mais on peut se demander avec inquiétude
si les pouvoirs publics ont vraiment l’inten-
tion de sauver le Mont Saint-Michel. 11 se
joue une comédie compliquée où une seule
chose est très claire : c’est que bon ne fait
rien. La commission nommée il y a un an
par l’administration des Beaux-Arts avait
pris son rôle au sérieux; elle voulait la sup-
pression de la digue. Quand, après de longs
délais, l’administration l’a convoquée, elle a
fait connaître que la commission n’avait pas
les pouvoirs qu’elle croyait et que si le mi-
nistre des Travaux publics prétendait s’ap-
puyer sur elle, il se trompait. C’est une autre
commission dite Conférence interministé-
rielle qui a les pouvoirs. Où est cette Confé-
rence? Que fait-elle? On l’ignore. Mais on
voit assez qu’à la faveur de ces malentendus
les terrains autour du Mont continuent de
s’élever, la digue demeure, et sous les yeux
de l’administration, la beauté du Mont Saint-
Michel est méthodiquement ruinée.

Nous sommes heureux d’apprendre que le
château et la forêt de la Roche-Courbon, en
faveur desquels Pierre Loti avait publié na-
guère un si éloquent appel dont nous nous
étions fait l’écho à cette place, ont trouvé un
acquéreur et sont sauvés de la destruction.
Puisse le nouveau propriétaire conserver
intact, comme on lui en prête l’intention, cet
admirable domaine !

NOUVELLES

*** Ont été inaugurés, pendant la dernière
quinzaine :

Le 29 août, à Noyon, un monument, œuvre
du sculpteur Emile Pinclion, à la mémoire
du chanoine Guillaume de Bouillé qui s’oc-
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