La chronique des arts et de la curiosité — 1909

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LA CHRONIQUE DES ARTS

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La Royal Academy annonce aussi pour le nouvel
an son exposition annuelle de maîtres anciens.

On peut affirmer sans témérité que jamais
réunion paieille de chefs-d’œuvre n’aura ébloui les
yeux des étudiants et du public. Un catalogue
raisonné, œuvre de MM. Herbert Cook et Brockiosll,
paraîtra pour le jour de l’ouverture, et une édition
de luxe avec illustrations sera publiée plus tard.

H. G*.

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REVUE DES REVUES

V Mémoires de la Société académique du
département de l’Aube (année 1908). — Dans
d'importantes Notes sur Joinville [Haute-Mar ne),
M. René Gillet passe successivement en revue et
étudie, à la lumière des nombreux travaux pu-
bliés sur eux et de ses observations personnelles,
les monuments qui se trouvaient jadis dans l’an-
cienne église Saint-Laurent du château de Join-
ville : le mausolée des Guises et les tombeaux
disparus des sires de Joinville, au nombre de cinq,
parmi lesquels celui de Ferri II et de sa femme
Yolande d’Anjou et celui de Henri de Lorraine,
évêque de Metz, dus à l’imagier Baschot et au
fondeur Costerel, tous deux de Troyés, et peut-
être aussi pour le tombeau de Ferri II, à Fran-
cesco Laurana.

Pour le mausolée des Guises, auquel collaborè-
rent Dominique le Florentin, Jean Picard dit Le
Roux, et peut-être Ligier Richier. et dont des débris
subsistent au Louvre, au Musée des Arts décoratifs
(ancienne colledion E. Peyre), â la mairie ae Join-
ville, au musée et à la bibliothèque de Chau-
mont (1), M. René Gillet publie hors texte un in-
téressant dessin découvert par lui dans la collec-
tion Gaignières, à la Bibliothèque Nationale, qui
donne une vue d’ensemble du mausolée et consti-
tue un précieux document à ajouter aux deux
dessins du Louvre (n05 1494 et 149 )), où E. Moli-
nier a reconnu des études pour ce tombeau.

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BIBLIOGRAPHIE

Le Musée d’Anvers. Cinquante héliogravures,
avec introduction par Pol de Mont. —Bruxelles,
G. Zazzarini. Un vol. in-folio, 50 pl. avec 17 p.
de texte.

Voici, pour faire suite aux publications de luxe
consacrées depuis quelques années aux galeries
d’Europe, un grand et très bel album sur le musée
d’Anvers, où sont reproduits avec la fidélité par-
faite des procédés photo-mécaniques modernes les
plus beaux chefs-d’œuvre de cette riche galerie,
présentés chronologiquement : tableaux de van
Eyck, Dirck Bouts, Roger van der Weyden, Fou-
quet, Memling, Albrecht Bouts, Metsys (entre
autres le grand triptyque de Y Ensevelissement du
Christ et la délicieuse Vierge en prières), Gossart,
Gérard David,Clouet, Breughel le vieux, Rubens,
van Dyck, Martin et Simon de Vos, Jordaens, J. van

(1) V. sur ce mausolée les articles de E. Bonaffé
(Gazette des Beaux-Arts, octobre lt84) et de M. A.
Roserot [Gazette des Beauæ-Ar's, mars 1899, et
Chronique des Arts du 17 juin 1899).-

Craesbeck, Rembrandt, Frans Hais, Koedijk/ (la
charmante Petite garde-malade),yander Neer,etc.
Dans sa préface, M. Pol de Mont, conservateur du
musée, après avoir fait ressortir le caractère particu-
lier, avant toutnational et presque local, de cette ga-
lerie, qui lui donne un attrait tout spécial, en re-
trace l’histoire depuis sa création, remontant à la
fondation de l’Académie d’Anvers en 1613, jusqu’à
nos jours, puis donne l’énumération succincte, et
néanmoins critique, des richesses qu’elle comient.
On a ainsi, par le texte et par l’image, une fidèle
vision d’ensemble de ce beau musée.

A. M.

La Scultura nel Trecento in Roma, par

Mlls Laura FiLipprNi. Torino, Société tipografica-

editrice nazionale; 1908. In 8°, 194 p. avec

44 gravures.

Le xiv° siècle, par suite du séjour des Papes à
Avignon, est une des périodes les plus tristes de
l’art à Rome. Il mérite cependant de ne pas- être
négligé et l’ouvrage que publie MUe Laura Filip-
pini traite le sujet d’une façon tout â fait défini-
tive.

Dans les premières années du siècle, nous ren-
controns encore quelques belles œuvres de sculp-
ture, soit dans l’école des Gosmati, soit chez les
élèves d’Arnolfo di Cambio. Le Ciborium de Sainte-
Marie in Cosmedln, signé Deodat, est de cette épo-
que, et l’on peut citer aussi quelques tombeaux
remarquables, ceux de l’évêque Durante à la Mi-
nerve, de l’évêque Gonsalvo à Sainte Marie-Ma.-
jeure, du chapelain Sardi à Sainte-Balbinej dû
cardinal de Piperno au Latran, du cardinal d’Ac:
quasparta à l’Aracœli, qui s’emplacènt de 1296
à 1305.

Après le départ des Papes en 1309, aucun grand
personnage ne se fait plus ensevelir à Rome ; et
les années qui suivent sont des plus misérables;

Avec le Ciborium du Latran, de 1369, la vie-ar-
tistique réapparaît.- De 1380 à 1400 Rome se repeu-
ple, par suite du retour de la cour pâpale. Ur-
bain VI est enseveli au Vatican. Et alors, C’est un
art nouveau qui commence, non plus dirigé par
l’école des Cosmati qui a entièrement disparu',
mais par des artistes soumis à l’influence toscane.
L’art florentin s’apprête à s'emparer de cette Rome
où il régnera pendant deux siècles.

Marcel Reymond.

NECROLOGIE

Le 30 septembre est mort à Nancy, à l'âge
de quatre-vingt-un ans, M. Lucien Wiener, con-
servateur honoraire du Musée lorrain, chevalier de
la Légion d’honneur.

Le Musée lorrain doit à ce savant et à cet ar-
tiste, la présentation tout à la fois scientifique et
harmonieuse de ses collections, et de plus un
catalogue qui mérite de passer à bien des égards
pour exemplaire. M. Lucien Wiener est Fauteur
de nombreux travaux sur la Lorraine, de L'érudi-
tion la plus sûre et qui font autorité en la matière.
Il avait aussi réuni d’importantes collections ôü
l’art lorrain occupait-la meilleure pl-a-eœ-

Le caricaturiste Lernot, élève de. Gill, qui col-
labora au Chat Noir, est mort à Asnières, à là-fin
du mois dernier.
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