La chronique des arts et de la curiosité — 1914(1916)

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LA CHRONIQUE DES ARTS

bres ; MM. Boutigny, Comerre, Duffaud,
Etcheverry, Glaize, Gosselin, Ernest Lau-
rent, Maxence, Olive, Petitjean, Henri Royer,
Tattegrain, Zwiller.

*** Les artistes qui ont l’intention de sol-
liciter, soit le Prix National, soit une bourse
de voyage ou un encouragement spécial, sont
informés qu’ils devront se présenter, munis
de pièces justificatives d’identité (établissant
qu’ils sont Français et n’ont pas atteint l’âge
de trente-deux ans au 1er janvier 1914), au
sous-secrétariat d’Etat des Beaux-Arts, bu-
reau des travaux d’art, musées et exposi-
tions, avant le 8 mai 1914. Passé ce délai,
aucune inscription ne serait plus admise.

Cette formalité n’est applicable qu’aux can-
didats habitant Paris et la banlieue. Seuls
les artistes résidant en province conservent
le droit d’adresser leur demande d’inscription
par correspondance.

La même date (8 mai 1914) reste fixée
comme dernier délai pour la réception des
demandes d’achat par l’Etat d’œuvres expo-
sées aux Salons. Ces demandes pourront être
faites par lettre.

*** A la suite de l’impossibilité où la Ville
de Paris s’était trouvée l’an dernier, à cause
des exigences exorbitantes des propriétai-
res (1), d’acquérir le domaine de la Muette
morcelé par M. de Franqueville, le Conseil
municipal avait décidé d’élever en bordure
du Ranelagh un mur à toute hauteur qui
aurait à la fois interdit la vue de cette pro-
menade aux nouveaux propriétaires de la
Muette et masqué les maisons de rapport que
ceux-ci se proposaient d’établir en bordure
du Ranelagh.

Un accord a fini par intervenir entre la Ville
et les acquéreurs de la partie vendue de la
Muette : ceux-ci se sont engagés à ne cons-
truire que des maisons d’une hauteur limitée
à vingt mètres, toit et combles compris. Ces
maisons devront être en retrait de cinq
mètres des limites de propriété du côté du
Ranelagh ; la zone non ædificancli sera amé-
nagée en parterres d’agrément et close de
grilles d’un modèle élégant et uniforme;
enfin, les nouveaux immeubles seront fermés
au commerce et à l’industrie. On dénaturera
ainsi le moins possible la physionomie char-
mante qu’a conservée ce coin du XVI« arron-
dissement.

*** Dans sa séance du 12 mars, la Chambre
des députés a voté un projet de loi pronon-
çant la désaffectation au culte de la tour de
l’église Saint-Paterne, à Orléans, qui menaçait
ruine.

*** Un incendie vient de détruire le beffroi
d’Aire-sur-la-Lys (Pas-de-Calais) qui datait de
1794 et qui avait succédé à trois autres, dé-
truits par des incendies et un écroulement.
On espère cependant pouvoir le restaurer.

*** Sous la présidence de Mme Bompard,
ambassadrice de France à Constantinople,
et avec le concours de MM. Gustave Sschlum- 1

berger, Ch. Diehl, Omont, membres de l’Ins-
titut, et de M. Saladin, architecte diplômé
du gouvernement, vient de se fonder à Paris
une section de la Société des Amis de Stam-
boul, ayant pour but de soutenir la Société
de Constantinople, en faisant appel à la
collaboration de tous les amis de l’Orient.
Il s’agit, au moment où Constantinople vase
transformer et où le vieux Stamboul va être
éventré de toutes parts, de sauvegarder le
plus possible des monuments du passé et les
aspects pittoresques de la vieille cité.

Sur les instances delà Société, la mosquée-
d’Ibrahim Pacha, les tombeaux de la Salei-
manieh et de la Chekzadé ont été réparés. De
grandes affiches qui déshonoraient la Pointe
du Sérail ont été forcées de disparaître. La
Société a signalé aux autorités compétentes
les trouvailles d’antiquités, a fait faire des-
conférences et publié des études sur des mo-
numents de Constantinople. Elle a voté un
crédit pour opérer des fouilles sur l’emplace-
ment de la maison dite de Justinien et y a
découvert d’intéressants fragments d’archi-
tecture, des mosaïques et des has-reliefs.

L’adhésion à la section française de la So-
ciété aidera à continuer la réalisation de ce
programme. Les membres titulaires paient
une cotisation annuelle de 1 livre turque-
(23 francs). Prière d’envoyer les adhésions à
M. JL de Pontaud, secrétaire général, 20, rue
Dufrénoy, Paris, ou au Musée des Arts déco-
ratifs, pavillon de Marsan, au Louvre.

*** Une commission interparlementaire,
comprenant les cinq Conseils généraux de
Normandie, vient, sur l’initiative de M. le
comte d’Harcourt, de se réunir au Palais
Bourbon et a décidé d’offrir un objet d’art au
cuirassé Normandie. Cet objet d’art est l’œu-
vre du sculpteur Ernest Dubois ; il y a repré-
senté une scène de débarquement des pre-
miers Normands, et a placé, comme support
de l’œuvre, l’écusson de Normandie avec une
Gloire confiant l’emblème au cuirassé.

4s** La Tribuna annonce que le tribunal de
Florence a chargé le professeur Amalfi, direc-
teur de la maison d’aliénés de San Salvi, de
procéder à l’examen mental de Peruggia,
l’auteur du vol de la Joconde. En conséquence,
le procès a été ajourné.

*** La municipalité de Dresde vient de
voter un crédit de 450.000 marks (565.000 fr.>
pour la création d’un musée de peinture mo-
derne.

———- ■ -

La Collection Arconati-Visconti
au Musée du Louvre

Mm* la marquise Arconati-Visconti vient de faire
don au musée du Louvre de sa collection.

Cette collection peu nombreuse, mais qui vaut
par sa qualité exceptionnelle, se caractérise par
l’homogénéité des éléments qui la composent. Elle
est, à l’exception d’une seule pièce — un exquis pastel
de Maurice Quentin de La Tour, portrait d'une
Miette qui devint la mère d’un Conventionnel, —

(1) V. Chronique des Arts, 1913, p. 89.
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