Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 20.1866

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GRAMMAIRE

DES ARTS DU DESSIN

ARCHITECTURE, SCULPTURE, PEINTURE

LIVRE TROISIÈME.

PEINTURE

x.

QUAND LA COMPOSITION EST UNE FOIS ARRÊTÉE, QUAND
LES GESTES ET LES MOUVEMENTS ONT ÉTÉ PRÉVUS, LE PEINTRE CONSULTE
LE MODÈLE POUR DONNER DE LA VRAISEMBLANCE A SON IDÉAL,

ET DU NATUREL AUX FORMES QUI DOIVENT L’EXPRIMER.

a nature est un immense poëme , mais
un poëme obscur, d’une profondeur inson-
dable et d’une complexité qui nous appa-
raît comme un désordre sublime. Tous les
germes de beauté sont en elle contenus
et confondus ; mais il n’appartient qu’à
l’esprit humain de les découvrir, de les
dégager, et de les créer une seconde fois
en y mettant l’ordre, la proportion et l’har-
monie, c’est-à-dire l’unité. Elle nous fait
entendre tous les sons; mais l’homme seul a inventé la musique. Elle
renferme tous les bois et tous les marbres; l’homme seul en a tiré l’ar-
chitecture. Elle déroule à nos yeux des campagnes hérissées de monts
et de forêts, arrosées de fleuves, coupées de torrents; l’homme seul y
a trouvé la grâce des jardins. Elle met au monde chaque jour des indi—
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