Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 20.1866

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GERARD DAVID

i.

SA VIE ET SES OEUVRES AUTHENTIQUES.

Le système, qui a trop longtemps pré-
valu dans les musées publics, de vouloir
donner un nom à tout tableau exposé, alors
même qu’on ne possède aucun renseigne-
ment positif sur sa paternité, a fait un
énorme tort aux études et a sans doute
retardé de beaucoup l’éclaircissement de
l’histoire de la peinture. Si ceci est vrai en
général, c’est encore plus spécialement le
cas pour les tableaux de l’ancienne école
flamande qui, il y a peu d’années, étaient invariablement attribués à l’un
ou à l’autre des cinq ou six maîtres les mieux connus. Ainsi l’on donnait
à Hans Memlinc un grand nombre de tableaux qui certes n’étaient pas de
la même main que les admirables peintures conservées à l’hôpital Saint-
Jean à Bruges, lin triptyque très-connu, le Baptême du Christ du musée
de l’Académie de Bruges, lui fut, entre autres, longtemps attribué, même
par des connaisseurs aussi distingués que Passavant. MM. Crowe et Ca-
valcaselle, dans leurs « Anciens peintres flamands, » exprimèrent l’opinion
que ce triptyque était l’œuvre d’un élève ou imitateur de Memlinc, et
nous-même, lorsque nous publiâmes notre catalogue descriptif des ta-
bleaux du musée de l’Académie, nous démontrâmes que Memlinc tré-
passa avant le 10 décembre 1495 et que le tableau du Baptême fut peint
entre 1502 et 1510, et probablement en 1508. Depuis lors, nous avons
recherché, dans les galeries publiques et les collections particulières, des
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