Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 20.1866

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QUELQUES EAUX FORTES ET DESSINS

DE PAUL POTTER

Un hasard heureux nous rendait posses-
seur, il y a deux ans passés, d’une planche
de Marc-Antoine d’après Raphaël ; aujour-
d’hui, la fortune, non moins propice, fait
tomber en nos mains le cuivre même sur
lequel Paul Potter a tracé sa première eau-
forte : le Vacher. Potter n’avait que dix-huit
ans quand il l’exécuta, et cependant il était
déjà si sûr de lui-même qu’il ne craignit
pas de donner aux cinq vaches de cette
composition les attitudes les plus diverses,
depuis le profil le plus simple jusqu’au raccourci le plus audacieux.
Dans la première vache, on ne peut assez admirer la science dont Paul
Potter a fait preuve pour mettre en relief l’épaule, exprimer la con-
cavité des flancs et accuser la saillie osseuse du train de derrière ;
dans celle qui rumine, couchée près de sa compagne, il a créé un
chef-d’œuvre en en dessinant la tête pleine de vie. Quant aux trois
autres vaches, qu’on aperçoit à un plan plus éloigné, elles pré-
sentent des poses qui eussent effrayé un maître habitué depuis long-
temps à se jouer des difficultés ; aussi n’est-on pas étonné de trouver
la trace d’un repentir dans le dessin des jambes de la première vache
qui descend de face un monticule que deux autres achèvent de gra-
vir. Mais si la correction parfaite du dessin et la vérité frappante du ca-
ractère des animaux de Paul Potter nous surprennent à bon droit, nous
devons aussi louer l’habileté merveilleuse avec laquelle ce maître a manié
la pointe. Dans ses eaux-fortes, Potter a su, en effet, varier avec un art
infini ses tailles pour traduire les diverses espèces des plantes et les
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