Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 20.1866

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ARTISTES CONTEMPORAINS

M. HENRI LEYS

Le moment n’est pas encore
venu de raconter comment ,
après un entracte qui ne dura
guère que trente ans, l’école
belge s’aperçut un jour qu’elle avait eu tort de déserter la scène, et que,
lorsqu’un pays a dans son passé trois siècles de gloire, il ne lui est pas
permis de renier ses dieux. Une plus longue somnolence eût été sans
excuse : l’Europe refusait de comprendre pourquoi un art qui, ayant pro-
duit Van Eyck et Rubens, avait si bien exprimé la vie dans son intimité
morale et dans ses exubérances, était pris depuis si longtemps d’une lan-
gueur semblable à la mort. Une résurrection était donc demandée. Le mou-
vement qui se produisit dans les esprits à la suite de la rénovation poli-
tique de 1830 et bientôt la joie d’une nationalité reconquise contribuèrent
beaucoup à rappeler à l’école belge qu’il y avait eu jadis une école fla-
mande, et qu’en bonne justice, on n’avait le droit de faire de mauvaise
peinture ni à Anvers, ni à Bruxelles, ni àGand, ni à Bruges. L’art belge
fut d’ailleurs d’autant plus sollicité de renouveler son idéal que la France
était occupée de son côté à rajeunir le sien, et que notre cher Delacroix,

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XX.
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