Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 20.1866

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BULLETIN MENSUEL

FÉVRIER 1866

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La galerie de la Présidence du Corps Législatif et le Musée du Luxembourg. — De quelques
propositions soumises à l'Académie des Beaux-Arts. — Deux Expositions, projet par Pérignon,
peintre. — La gravure en taille-douce : M. Bertinot. — La gravure à l’eau-forte : M. Maxime
Lalanne.

N sait qu’une nouvelle galerie d’objets d’art a été installée au palais de la
Présidence du Corps Législatif. S’agissait-il seulement d’utiliser un local
favorable? Non, sans doute. On a voulu perpétuer la tradition inaugurée
en ce môme lieu par le duc de Morny- Désormais le goût des arts deve-
nait inséparable des hautes fonctions qui s’y exercent. Remarquons toutefois que la
galerie du duc de Morny représentait le goût personnel, la liberté de choix, l’effort
persévérant d’un amateur pour former une collection digne de son nom et de sa for-
tune. La situation n’est plus la même. On pouvait emprunter au Musée du Luxembourg
le superflu de ses richesses, on ne pouvait pas l’appauvrir. Personnellement, M. le
comte Walewski eût été heureux, je le crois, d’offrir une généreuse hospitalité au
Plafond d'Homère ou au Massacre de Scio. Mais l’État, gardien jaloux des chefs-
d’œuvre de l’art moderne, leur assigne avec raison pour demeure, au lieu d’une
galerie privée, un Musée public. Il sait que l’étude les réclame, et que le plus grand
honneur à faire aux maîtres, c’est de leur constituer ce double privilège de la publicité
et de l’étude.

Des journaux imprudents ont voulu établir une sorte d’assimilation entre la
galerie du Corps Législatif et la galerie du Sénat. La seule ressemblance, c’est que
les objets d’art exposés dans ces palais n’appartiennent pas plus au Sénat qu’au Corps
Législatif, et que le budget qui en fait les frais relève, non pas de ces grands corps po-
litiques, mais de la Surintendance des Beaux-Arts. Les différences sautent aux yeux.
Certes, toutes les fois que nous verrons s’ouvrir en un point quelconque de Paris ou de
la France, un centre d’exposition pour l’art français contemporain, nous serons des
premiers à applaudir. Mais point d'exposition sans publicité. Or, le caractère d’une
galerie privée, c’est de ne pas être publique. Celle de la Présidence du Corps Législa-
tif ne s’ouvre que le dimanche, de midi à quatre heures, aux visiteurs munis d’une
lettre d’admission. D’autre part, il peut, être très-flatteur pour un artiste de penser
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