Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 20.1866

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MUSÉE RÉTROSPECTIF..

nous venons d’examiner, et qu’il ne serait pas impossible que toutes ces
œuvres provinssent du même centre industriel; quant à des marques,
nous n’avons pu en découvrir.

Nous aurions à dire quelques mots maintenant des rares broderies du
moyen âge que possède l’Exposition. Mais les spécimens exposés sont
trop peu importants pour que nous nous y arrêtions. Nous voulons seule-
ment faire une observation ; c’est qu’une grande confusion règne dans
l’histoire de la tapisserie, par suite de l’impropriété des termes qu’on y
emploie. Les tissus brochés et les broderies, quel que soit le point em-
ployé, y sont confondus avec les tapisseries proprement dites. La déno-
mination de tapisserie, suivant nous, devrait être réservée au tissu fait
par un tissage partiel, dans lequel la navette ne couvre les fds de chaîne
que partie par partie et suivant les nécessités du dessin, faisant, à pro-
prement parler, une mosaïque en laine. Le mot de broderie devrait au
contraire s’entendre de toute œuvre à l’aiguille où l’étoffe préexistait
avant le dessin qui la décore.

Quant au tissu broché, on sait qu’il est fait par une navette courant
d’un bord à l’autre de la chaîne et produisant un dessin, par suite de
certaines combinaisons dans la levée des fils de chaîne.

Une fois que ces distinctions auront été faites et comprises, un peu
plus de critique que par le passé entrera dans l’histoire des tapisseries.

AI.FRED DARCEL.
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