Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 20.1866

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

plus intelligentes restaurations inventives que nous ayons été appelé à
étudier, et nous tenons à signaler cette salle de concerts à ceux qui,
après nous avoir lu, traverseraient Bordeaux.

Si le nom de M. Scott est revenu si souvent sous notre plume dans le
cours de cet article, ce n’est pas que nous entendions diminuer la part
qu’ont prise et que prendront à la réussite de la Société des hommes
comme ceux qui composent le conseil d’administration : MM. A. Charrop-
pin, A. Bonnet, Guestier, Boucasse, Brown, Desmaisons, Ferrière, Fous-
sat, Lawton. Notre amitié respectueuse, les regrets unanimes dont nous
avons été le témoin, nous faisaient un devoir de lier plus étroitement
encore que par le passé le nom de Scott au succès d’une exposition.
Mais les institutions sociales, et les sociétés des Amis des Arts en particu-
lier, subsistent surtout par l’excellence du mécanisme. Celui-ci fonc-
tionne depuis quinze années en donnant toujours des résultats plus frap-
pants. Il faut croire qu’il est tout à fait parfait. Un président n’a donc
point à jouer ici de rôle providentiel. 11 n’a qu’à suivre des traditions
d’urbanité, de goût, d’activité et de réserve qui ne sauraient être lourdes
pour un homme bien élevé, et dont les beaux-arts forment la distraction
préférée. Ces hommes-là ne sont point rares à Bordeaux, surtout au sein
de la Société des Amis des Arts. Mais ces fonctions de président ne sont
point là des fonctions gratuites : car lorsque l’on a tenu loyalement la
balance égale entre les luttes d’écoles, lorsque l’on a favorisé le déve-
loppement des talents locaux, lorsque l’on est arrivé à faire inscrire
annuellement une forte somme dans le budget municipal pour l’acquisi-
tion d’œuvres d’art, lorsque l’on a jeté parmi toute une population
riche et active le goût des collections, on est payé par la plus enviable
des pensions qui puisse enrichir la mémoire d’un homme de bien : par
la reconnaissance et l’estime des gens de sens et d’esprit, de ceux qui
prennent au sérieux le rôle des beaux-arts.

PHILIPPE BÜRTY.
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