Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 21.1866

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SALON DE 1866

x.

Heureux temps que le nôtre pour cette
branche du journalisme qu’on appelle, faute
d’un meilleur nom, « la critique d’art! » Cha-
que jour nous délivre d’un préjugé ou nous af-
franchit d’un scrupule, et notre marche en de-
vient plus facile, plus légère. Jusqu’ici, par
exemple, on avait pu croire que pour parler
d’une chose, pour en écrire surtout, il con-
venait de l’avoir un peu étudiée, de la con-
naître un peu : c’était une erreur. Et si cette
erreur n’est pas absolument reconnue en ma-
tière de philosophie, de littérature ou de
sciences, elle l’est au moins en matière d’art.
Le premier venu, sans savoir le plus petit mot
de l’architecture, de la sculpture, de la pein-
ture et des autres arts du dessin, se propose,
n’importe où, pour écrire d’emblée l’article
Salon. Onaramassé quelques mots au hasard
dans le langage des ateliers, on prend parti pour quelque paradoxe, on
fait semblant d’avoir un système, on est imprimé vif, et, ce qui est pire,
on a des lecteurs, souvent même beaucoup de lecteurs.

Relever toutes les bévues, toutes les étourderies auxquelles donne
lieu le compte rendu des expositions annuelles, ce serait un travail de
bénédictin que personne ne voudrait entreprendre. Mais parmi toutes les

i. Yov. Gazette des Beaux-Arts, t. XX, page 497,
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