Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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LE SALON DE 1 876.

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jours sur la brèche et ne manque pas une exposition, il faut citer son
nom avec éloge comme celui de Mlle Élodie Yillette, de Mlle Beernart et
de M. Beggrow.

Je n’ai pas non plus parlé de M. Loir et de sa Porte des Ternes que je
trouve trop esquisse, des Ajoncs en fleur, de M. Ségé, des Scènes de
sauvetage, de M. Mesdag, des jolies marines deM. Masure, très-nacrées,
très-vivantes, très-vraies, mais qui sont un peu trop toujours le même
tableau; de M. Japy habitué à de réels succès et qui dans ses Marais de
B eau fort au soleil levant a su rendre la pâleur des premières heures du
jour et l’impression grise du matin. M. Lavieille aussi mériterait une
place, c’est un lutteur celui-là; et que lui a-t-il donc manqué dans la vie?
11 a la science autant peut-être qu’aucun de ses confrères, il a le courage
et l’amour du travail, et jamais depuis vingt ans il ne s’est arrêté une
heure. Je crois qu’il est venu trop tard dans un monde d’artistes
où chacun des maîtres avait sa place faite, et où il n’apportait que les
mêmes qualités que ses devanciers sans donner une de ces notes tout
à fait personnelles et vibrantes qui triomphent et éclatent et vous font
une place à paî t. Je sais de lui des toiles excellentes et qui resteront.
Les deux de cette année ne me font point revenir sur la bonne impres-
sion que j’ai de sa carrière. Signalons en passant le Calme dans la baie de
la Somme, note exacte prise sur nature par M. Ludovic Lepic et son
grand Quai de Bercy inondé.

Le jury a récompensé MM. de Mortemart-Boisse et M. Pointelin;le
premier a fait un bon tableau, bien dessiné, un peu photographique d’as-
pect et dont les reliefs sont accusés par des gris froids en opposition avec
des ombres portées un peu sèches; le second, dans une toile presque nue,
un terrain vert planté de maigres baliveaux qui se découpent sur un ciel
clair, a trouvé moyen de nous intéresser avec un sujet d’une extrême
aridité. M. Vaierio, infidèle aux provinces du Danube, s’est passionné
pour la Bretagne et a montré, en peignant une plage, une souplesse de
talent dont il faut lui tenir compte. Ses Femmes des environs de Karnac
ont bien du caractère, et c’est d’ailleurs la qualité maîtresse de M. Vaie-
rio de rendre exactement les types en donnant de la grandeur aux
lignes. M. Thiollet n’a jamais frappé un grand coup, mais, voici plus de
quinze ans que nous le suivons, dans chaque manifestation de son
talent il reste probe et ému.

MM. Veyrassat, Daliphard, Armand Beauvais, Dameron, de Groiseil-
liez tiennent toujours leur rang, mais il n’y a pas un éclat particulier
dans leur exposition de cette année. M. Damoye, qui a peint deux
vues prises à Morfontaine, m’a arrêté par une impression juste et
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