Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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LES FRAGMENTS DE TARSE

AU MUSÉE DU LOUVRE

En m’occupant du classement des
terres cuites de Tarse, pour les cata-
logues du Musée du Louvre, j’ai été
amené à faire sur la technique, sur le
style, sur l’âge de ces fragments, sur
les principaux sujets qu'ils représentent,
une série d’observations générales, qui
permettront, je l’espère, d’assigner à la
céramique de Tarse sa véritable place
dans l’histoire de l’art. Je commencerai
par rappeler en quelques mots la situation de cette ville célèbre, le rôle
historique et religieux quelle a joué dans les temps antiques, pour
expliquer dans quel milieu s’est formé l’abondante fabrique de petits
monuments qui fait le sujet de la présente étude.

I.

Tarse, en Cilicie, passait pour Tune des plus antiques cités du monde.
Quelques-uns la confondaient avec la célèbre Tharsis de l’Écriture; les
légendes orientales disaient que c’était le premier point où la terre se
fût séchée après le déluge; elles attribuaient la fondation d’une ville en
ce lieu, à Sandan, l’Hercule assyrien, le même sans doute que les tradi-
tions ciliciennes associaient, sous le nom de Sandacos, à la déesse
lunaire Pharnaké.

La situation était incomparable. Il faut se représenter la plaine mari-
time de la Cilicie, adossée au flanc du Taurus, traversée par le cours
glacé, rapide et pourtant navigable du Cydnus, toute couverte de cul-
tures et d’une riche végétation d’arbres fruitiers, véritable jardin sous

XIV. — 2e PÉRIODE. 49
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