Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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EAUX-FORTES DE M. EVERSHED

l n’est pas étonnant qu’une revue
comme celle-ci qui a été créée et mise
au monde pour la plus grande gloire
de l’eau-forte ; — elle a eu le mérite
de relever celte branche de l’art et
d’en vivifier la sève à ce point qu’elle
est aujourd’hui une des plus produc-
tives et des plus glorieuses de notre
art national ; — il n’est pas étonnant
que la Gazette des Beaux-Arts soit
toujours en quête de toutes les formes
nouvelles sous lesquelles se manifeste la plus originale, la plus capri-
cieuse et la plus charmante des modalités que comporte le dessin.

L’eau-forte française, en tant qu’art de reproduction, occupe tou-
jours le premier rang, on peut le dire sans tomber dans le chauvinisme;
sa supériorité est attestée par ce fait que l’étranger appelle nos aqua-
fortistes : nous avons les meilleurs graveurs. Mais comment expliquer
l’indifférence, le dédain presque de nos peintres, des artistes créateurs,
à l’égard de la planche de cuivre, ce miroir si fidèle et si facilement
impressionnable, que la pensée peut y être gravée en quelques instants,
au moment même où elle éclôt, à l’état natif, comme disent les chi-
mistes? Et si cette pensée est digne d’être divulguée, quelle joie pour
l’artiste de pouvoir la répandre à des milliers d’exemplaires, toujours
semblable à elle-même et toujours dans sa fleur ! Quel autre mode
d’expression dans les arts plastiques offre des ressources comparables?
Faut-il rappeler encore que l’eau-forte parle une langue d’une richesse
merveilleuse; il n’en est pas de plus explicite; elle peut tout dire, du
blanc au noir; elle peut raconter toute la lumière.

Nous le disons avec un vif sentiment de regret, sauf de trop rares
exceptions, ce n’est qu’en jetant les yeux par delà les frontières, qu’on
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