Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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O,

ANDRÉ DEL SARTE

(premier article.)

Quand un artiste mêle à son
idéal toutes les tendresses de
son cœur, il donne à ses œuvres
un caractère personnel, il les
marque d’un signe particulier
qui ne permet pas qu’on les
confonde avec les œuvres voi-
sines. Mais l’individualité de
l’accent ne constitue pas l’ori-
ginalité souveraine : certains
maîtres peuvent être reconnais-
sables à leur manière de dire
ils peuvent avoir le charme, la
grandeur , l’émotion, sans ap-
partenir à la race choisie des
créateurs privilégiés. On dimi-
nuerait peut-être André del
Sarte si l’on ne voulait voir en lui qu’un des premiers parmi les Flo-
rentins du second rang ; aussi se gardera-t-on de le juger si vite et de
le classer, au moment où l’on se propose d’étudier, avec toute la sympa-
thie qu’il mérite, ce maître qui est charmeur au point d’être irrésistible ;
mais, bien qu’on soit profondément séduit par ce tendre génie, il faut
garder le respect des hiérarchies et de la justice; il faut reconnaître
qu’André del Sarte a parlé avec une grâce exquise un langage qu’il n’a

XIV. — 2e PÉRIODE. 59
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