Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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EXPOSITIONS RÉTROSPECTIVES

D’ORLÉANS ET DE REIMS

L'Archéologie, ne commence guère à Orléans qu’avec la
Renaissance, et il a fallu la découverte inattendue de bronzes
antiques pour faire tout d’un coup de son musée archéologique
l’un des plus riches de France en grandes œuvres de cette
nature. Aussi l’exposition rétrospective a-t-elle bien peu de
choses à nous montrer qui soient antérieures au xvie siècle. Il
faut en excepter les inévitables silex qui occupent peu de place,
heureusement; plusieurs bijoux antiques envoyésde Paris et enfin
une Vierge d’ivoire assise sous un dais, et présentant un oiseau
à l’Enfant Jésus debout sur son genou, ivoire charmant du xnr
au xive siècle appartenant à Mlle Fabre, d’Orléans. Disons immé-
diatement, à propos des ivoires, et afin de n’y plus revenir, qu’il
y en a un certain nombre de faux à l’exposition même parmi
ceux que l’on attribue au xvne siècle.

En sculpture, nous avons à signaler les quatre bustes en terre
cuite de Molière et de La Fontaine, de Voltaire et de J.-J. Rous-
seau, appartenant à Mme Dupuis, d’Orléans, qui sont signés de
Houdon à ce que l’on nous a assuré. Nini ayant habité Chau-
mont-sur-Loire, il n’est pas étonnant qu’il y ait sur les rives de ce fleuve plus dange-
reux qu’utile de nombreux amateurs de ses médaillons d’une exécution si précieuse et
si large en même temps. M. Maurice de Terrouenne en possède quatorze a lui seul,
auxquels MM. Danton et de Beaucourt en ont ajouté quelques autres. Quant au bronze,
il est représenté par un chef-d’œuvre : le buste de Jean de Morvillier, très-homme de
cour, mais aussi peu évêque que possible, qui le fut cependant assez, à Orléans, pour
plaider contre son chapitre à cause de sa barbe qu’il voulait garder. Il mourut en 1570.
C’est le buste qui décorait son tombeau, que l’on attribue à Germain Pilon et que nous
reproduisons ici. Les dates n’y contredisent point, non plus que la souplesse connue
du talent de Germain Pilon qui, en présence de la nature, se montrait plus sobre que
dans les figures décoratives où une manière qui lui est propre se reconnaît.

Cebuste austère que l’on a admiré à l’exposition de l’Histoire du travail en 1867
appartient à l’évêché d’Orléans.

Après quelques figures en bronze du xvie au xvnc siècle, à M. Pierre, et les
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