Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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A PROPOS

d’un

PASSAGE DE PLUTARQUE

i.

U n jour César, voyant des seigneurs étrangers qui
tenaient entre leurs bras de petites guenons et les
caressaient merveilleusement, leur demanda si les
femmes, en leur pays, ne faisaient pas d’enfants.
Sur quoi, un ancien moraliste gourmande les hommes
qui s’occupent des arts avec passion « au lieu de
repaître et de nourrir leur entendement dans la
contemplation de la vertu. Car, dit-il, si l’ouvrage délecte, il ne s’en
suit pas nécessairement que l’ouvrier soit à louer; au contraire, l’ar-
tiste produit en témoignage contre soi-même le labeur qu’il a employé
en choses inutiles, pour prouver qu’il a été paresseux à apprendre les
honnêtes et utiles. Et n’y eut jamais jeune homme de bon cœur et de
gentille nature qui, en regardant l’image de Jupiter laquelle est en la
ville d’Olympie, souhaitât devenir Phidias, ni Polyclète en regardant
celle de Junon qui est en Argos ».

Qui parle ainsi, je vous prie? un Teuton, un barbare? nullement;
c’est un Grec, presque un sage, c’est Plutarque dans la préface de la Vie
cle Péri clés.

Mais peut-être prenez-vous le langage de Plutarque pour un accès
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