Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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LA TAPISSERIE A ROME

AU XVe SIÈCLE

'est à peine si l’on sait par les récits de quelques chroniqueurs du
xve ou du xvie siècle que les Romains de la Renaissance admiraient et
recherchaient les brillants produits des Flandres connus sous le nom
d’arazzi ; ils paraissent s’être surtout plu à en parer la façade de leurs
maisons aux occasions solennelles, telles que le couronnement d’un
pape ou d’un empereur. Quant à l’importance des collections qu’ils en
avaient réuni, quant au commerce qu’ils en faisaient, ce sont là autant de problèmes
dont la solution n’a pas encore été tentée. A plus forte raison manque-t-on de détails sur
les efforts auxquels on a pu se livrer dans la Ville Éternelle pour y attirer, à l’instar de
Pérouse, de Sienne, de Florence, de Ferrare, des colonies de tapissiers flamands. Je
dirai plus, on ne s’est jamais douté qu’à l’époque de la Renaissance des ateliers de
haute lisse aient fonctionné sur les bords du Tibre. D’après l’auteur de l’ouvrage récent
intitulé Sulla manifattura decjli arazzi (Rome, 1874), l’introduction de cet art à
Rome daterait tout simplement du règne de Clément XI (1702).

La réunion dans les Archives d’État, installées au couvent de Campo Marzo, d’une
longue série de documents relatifs aux dépenses de la cour pontificale pendant le
xve et le xvie siècle, m’a permis de recueillir sur cette question un certain nombre de
données nouvelles dont je suis heureux d’offrir la primeur aux lecteurs de la Gazette, et
qui serviront à éclaircir un des chapitres les plus obscurs de l’histoire des arts en Italie.

C’est à Nicolas V (1447-1455) que l’on doit, selon toute vraisemblance, la forma-
tion du premier noyau de l’admirable collection de tapisseries du Vatican, aujourd’hui
composée, à ce que l’on affirme, de plus de cinq cents pièces. On lui doit aussi l’éta-
blissement du plus ancien atelier romain de haute lisse. Sous ce rapport, comme sous
tant d’autres, il a été le grand initiateur et les plus illustres d’entre les papes du xvie
et du xvne siècle n’ont pu que poursuivre la voie qu’il avait inaugurée.

Un paiement, effectué longtemps après sa mort, nous le montre s’adressant direc-
tement aux ateliers des Flandres pour leur demander les tentures destinées à enrichir
le palais apostolique.

1459. 9 Janvier. Honorabili viro Angelo de la Casa pro se et aliis heredibus Antonii de la
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