Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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LA FAMILLE DES JUSTE.

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camées Matteo dal TSassaro arrivé à s’appeler en France cVAlvassac, et
il n’est pas facile de reconnaître le vrai nom de Dominique, le sculp-
teur qui signait Domenico Fioreutino, sous les trois noms Recouvry,
Ricourre et Ricombre, qui se trouvent dans les documents troyens du
milieu du xvie siècle1.

Maintenant tous les renseignements qui vont suivre, sauf deux men-
tions publiées par le marquis Campori et dont je dois la connaissance à
M. Eugène Müritz, sont entièrement dus à M. Milanesi. Je ne fais que tra-
duire YAlberelto genealogico et les notes qu’il a bien voulu nous com-
muniquer.

Et d’abord, Juste n’est pas le nom réel de la famille, qui s’appelait
Betti et était de San-Martino à Mensola, village à trois kilomètres de
Florence; ce nom de Betti ne figure dans aucun document français.

Le premier que connaisse M. Milanesi s’appelait Gecchino. 11 eut pour
fils Michèle, qui épousa Corradina di Nanni di Lapuccio. Le fils de
Michèle et de Corradina porta le premier le nom d’Antonio; il naquit
en 1377 et épousa Maddalena, née dix ans après lui, en 1387.

Leur fils Giusto fut le premier scarpellalore de la famille. Né en IA 16,
il mourut vieux vers 1A86 ou 1.A87, après avoir eu deux femmes, Gen-
tile, née en 1A25, et Lisabetta, fille de Giovanni di Domenico, boulanger,
née en 1AA7. On a le testament de ce Giusto, en date du 27 avril 1A82,
et il donne bien des renseignements.

Il y fonde et il y dote, ce qui prouve une véritable aisance, une cha-
pelle sous le vocable de saint Antoine, patron de son père, dans l’église
de San-Martino à Mensola.

L’autel de cette chapelle est même encore décoré par un tableau,
divisé en trois compartiments, qui est dû à cette fondation de Giusto. Le
sujet central offre la Vierge assise, tenant l’Enfant Jésus sur ses genoux.
Sur la partie droite est une vierge sainte avec une lampe à la main2, et
sur la partie gauche sainte Ursule, foulant aux pieds un dragon3.

1. Recoveri ou Ricoveri est une famille de Florence, mais je dois avouer que jus-
qu’ici je n’ai, dans le grand nombre des documents que j’ai vus, trouvé aucune men-
tion de cet artiste florentin. — G. M.

2. En dehors des vierges sages, qu’on ne représente pas à l’état isolé, et de sainte
Geneviève, plus souvent figurée avec un cierge, je no vois que sainte Praxède et sainte
Gudule, l’une romaine et l’autre flamande, qui soient caractérisées par cet attribut. Il
y a, au Musée chrétien du palais de Latran à Rome, une slaluo du x\n siècle, trouvée
à Porto et caractérisée par une lampe et une palme, qu’on donne comme une sainte
Rufine. Dans le doute il y a cependant lieu de croire plutôt à une sainte Praxède.

3. Le dragon est, le plus habituellement, l’attribut de sainte Marthe et de sainte
Marguerite, et la flèche celui de sainte Ursule.

xiv. - 2e PÉRIODE.

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