Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

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trois personnages de marbre furent envoyés de Milan à Gaillon au com-
mencement de la même année; et la dernière quittance aux charretiers
est du xxv février En tête de la quittance on lit : « Les pourtraictures
du roy, de M. le Légat (card. Georges d’Amboise), et de monsieur le
Grand Maistre (son neveu, Charles d’Amboise). » Le roi était Louis XII.
Cette dernière statue était en albâtre, d’abord à mi-corps et commandée
par le cardinal pour Gaillon, où elle se trouvait parmi celles des douze
Césars. Émeric David remarque qu’elle était encore dans ce château en 1793.
La tête en fut refaite par Beauvallet pour Lenoir, qui l’exposa sous le
n° ZiA6 au Musée des Monuments français. Plus tard elle voyagea du
Louvre à Versailles. Elle est maintenant de nouveau au Louvre, dans la
salle de sculpture de la Renaissance. On y lit : Mediolanensis Lauren-
lius. de Mugiano. opus. fecit i508? sur le bord inférieur de la cuirasse.

Revenant au Busti et à son travail, nous avons un document sur cette
date 1515 pour les commencements de l’œuvre, dans l’un des petits bas-
reliefs conservés au South Kensington, où cette année 1515 se trouve
gravée. Rossi et après lui M. Mongeri, le dernier et le plus com-
plet illustrateur du monument, citent aussi à l’appui de cette date une
lettre découverte à l’Ambrosienne, d’une Arcangela Panigarola, prieure
du couvent de Sainte-Marthe, adressée à Denis Briçonnet, évêque de
Saint-Malo, datée de 1517, où il est question du monument, dont l’exé-
cution ne fut point l’œuvre d’un mois ni d’une année, mais qui dura cer-
tainement jusqu’à 15212. De ce document ambrosien en effet nous pou-

M. Deville en 1850 dans la collection des Documents inédits. — A cette même
époque Andrea Solario, Milanais, apportait aussi en France, à Gaillon, le style de Léo-
nard avant l’arrivée du maître, et le portrait du maréchal d’Amboise, qu’on s’est décidé à
lui restituer, est de cette époque. Nous allons peut-être élever contre nous bien des cla-
meurs en disant et en croyant, que les marqueteries des sièges et des portes du château
de Gaillon sont aussi d’ouvrage lombard. « Nous sommes encore bien avant le Rosso
et le Primatice, » dit fort à propos M. de Montaiglon, page 93 des Archives de l’Art
français, tome Ier. Nous reviendrons peut-être sur ce sujet; en attendant, nous ne
saurions assez conseiller la lecture des deux documents donnés par MM. de Montaiglon et
Fillon dans le Ier volume des Archives : « État des gages des ouvriers italiens
employés par Charles VIII », et la lettre de Charles VIII adressée à Pierre de Bourbon,
son beau-frère, — Naples, 28 mars 1493, — dont la Bibliothèque de Nantes possède
un très-rare imprimé. Nous souscrivons les yeux fermés aux conclusions qu’en tire
31. Fillon. Otto Mundler a eu l’honneur de la restitution à Solari du tableau du Louvre;
mais, bien avant lui, Feuillet de Gonches l’avait déjà faite. Voir son écrit : Les Apo-
cryphes de la peinture (Revue des Deux Mondes, 1849, page 617).

2. Une copie très-exacte de ce document se trouve aussi à la Bibliothèque du
comte Alexandre Melzi, de Milan, parmi la précieuse collection de documents relatifs
à l’histoire de l’École lombarde formée par Pagave, Bianconi, Bossi, Albuzzi, Catta-
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