Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 14.1876

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

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moins douloureuses. MM. Hachette attachent, du reste, une grande impor-
tance à l’enseignement par les yeux. Ils viennent de commencer la
publication de grands tableaux historiques destinés, dans leur pensée,
à corriger utilement la nudité austère des salles d’étude. Réussiront-
ils? Nous voudrions le croire, mais il faut reconnaître que, jusqu’à ce
jour, le monde universitaire n’a rien fait pour encourager de pareilles
tentatives. Du petit au grand, les membres du corps enseignant, si dis-
tingués d’ailleurs et animés des meilleures intentions, ont beaucoup de
peine à admettre dans l’arsenal scolaire le secours de l’illustration; ils
ne semblent pas en comprendre l’importance comme aide-mémoire et
comme stimulant des facultés d’observation qui sont si développées dans
l’enfance. Une grande réforme est à opérer dans ce sens et le moment
semble venu de l’entreprendre. Nul n’est mieux placé pour la tenter
que le ministre éminent qui préside aux destinées de l’Instruction
publique et des Beaux-Arts; il a prouvé plus d’une fois qu’il avait
conscience de l’étroite solidarité qui devrait unir les deux sections de
son ministère : ce serait un grand honneur pour lui s’il parvenait à
réconcilier ces deux sœurs ennemies.

L'histoire nous conduit à la géographie : ici encore nous retrouvons
MM. Hachette au premier rang des éditeurs contemporains; il nous
suffira de rappeler la Nouvelle Géographie universelle, par M. Elisée
Reclus, qui est en cours de publication. C’est un ouvrage monumental,
et tel que l’Allemagne, si fière à bon droit de ses travaux géogra-
phiques, ne pourrait en élever un semblable. Les savants ne lui man-
queraient certainement pas pour l’écrire, mais où trouver un groupe de
collaborateurs du crayon comme ceux réunis autour de M. Elisée Reclus,
dont la compétence spéciale et le talent d’écrivain sont au-desssus de
toute contestation; où trouver surtout un éditeur assez audacieux pour
entreprendre un ouvrage aussi dispendieux, et qui ait la puissance de
le mener à bonne fin? L’intelligence et le bon vouloir ne suffisent plus
à une époque où il faut faire vite et grand ; le capital, nerf de toutes
choses, est aussi le nerf de la librairie.

Les mêmes éditeurs vont publier, en outre, Y Allas de M. Vivien
de Saint-Martinet son grand Dictionnaire de Géographie, deux ouvrages
considérables et tels que leur maison seule peut en mettre en œuvre.

La littérature d’imagination occupe une place d’honneur dans la
maison Hachette, mais cette place n’est pas, à beaucoup près, aussi impor-
tante que celle dévolue aux ouvrages d’enseignement, surtout si nous
y faisons rentrer les livres consacrés aux connaissances utiles. C’est dans
cette dernière section particulièrement que l’on peut observer avec fruit
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