Langlès, Louis Mathieu
Monuments anciens et modernes de l'Hindoustan décrits sous le double rapport archeologique et pittoresque: et précédés d'une notice géographique, d'une notice historique, et d'un discours sur la religion, la législation et les moeurs des Hindous (Band 1) — Paris, 1821

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DE L'HINDOUSTAN. 45

Je ne dois pas remonter au-delà de l'époque dont il s'agit, sans fixer nos
idées touchant la division politique de l'extrémité méridionale de la Presqu'île.
Je rappellerai que le Roleronne formoit, de ce côté, la limite de l'empire
Moghol, dont les armées n'avoient jamais franchi ce fleuve; mais la terreur
qu'elles inspiroient avoit déterminé les radjahs ou nàiks de Tritchinapaly,
de Tanjaour et de Madhourèh à reconnoître la suzeraineté du pddchdh ou
monarque musulman de Déhly, et à lui payer un tribut. Ces contributions
faisoient partie des revenus du Beydjâpour : voilà pourquoi, sous le rapport
administratif, cette province embrassoit toute l'extrémité sud-est de la Pres-
qu'île, comme nous l'avons remarqué à la page précédente. Ainsi Aureng-
Zeyb, à la fin de sa longue vie et de son long règne, se voyoit possesseur non
seulement de tout le haut Hindoustân, mais encore d'une bonne partie de
la Presqu'île. En effet, il ne s'y trouvoit alors que le radjah des Mahrattes,
celui du Travancore, et quelques autres petits princes de la côte de Malabar,
désignés ci-dessus, qui eussent échappé au joug du Grand-Moghol et conservé
leur indépendance depuis l'établissement des mahométans dans l'Inde. Au-
reng-Zeyb avoit même envahi les trois vastes royaumes de Bisnagar, de Vi-
ziapour et de Golconde, contre lesquels avoient échoué toutes les attaques
de ses prédécesseurs.

§ II. Division de l'Inde à la mort d'Akbar (i6o5).

Akbar lui-même, ce grand monarque que l'on peut regarder comme le fon-
dateur de l'empire Moghol, auquel il donna une forme régulière et administra-
tive, fit plusieurs tentatives inutiles sur le Dekhan, et ne pénétra pas beaucoup
au-delà du dix-huitième degré de latitude, c'est à-dire vers le tiers de la Pres-
qu'île. Plusieurs petits souverains musulmans et hindous possédoient les deux
autres tiers, dont il faut seulement excepter le très petit territoire de Goa et
quelques autres villes de la même côte occidentale, telles que Daboul, Tchaoul,
Baçaïn, Daman, etc., où les Portugais avoient formé des établissements mi-
litaires et commerciaux indépendants des princes du pays. Le reste de la même
côte occidentale, en descendant jusqu'au cap Comorin, formoit à-peu-près
les mêmes divisions que nous avons tracées ci-dessus, pages a3 et suivantes,
excepté pourtan t le royaume de Viziapour ( Beydjâpour), qui fut détruit ensuite
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