La chronique des arts et de la curiosité — 1909

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N° 7. — 1909.

BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6')

13 Février.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

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PROPOS DU JOUR

)ne exposition, dont la dernière
Chronique a fait connaître l'in-
térêt, est ouverte en ce moment à
Munich, et permet auxamateursde
voir dans leur ensemble les œuvres du peintre
Hans von Marées. Cet artiste a été il y a une
trentaine d’années un véritable précurseur. Il
a cherché hors des voies alors fréquentées un
chemin personnel. Échappant au réalisme
un peu brutal à la mode, échappant de même
à l’impressionnisme, il a eu le souci de trou-
ver un style, et, autant qu’une comparaison
de ce genre puisse être risquée, il fait un peu
penser à notre Puvis de Chavannes.

Tour beaucoup, l’exposition de Munich a
été une révélation. On a vu tout à coup qu’un
artiste jusqu’ici méconnu avait eu, il y a déjà
plusieurs années auparavant, des préoccupa-
tions qui sont celles de nos contemporains,
et que son art annonçait en quelque manière
leurs efforts. Les Allemands, qui ont pris une
grande part au mouvement d’art moderne,
ont témoigné tout naturellement d’une grande
curiosité pour cet artiste qu’ils avaient un
peu délaissé : ils ne se contentent plus déjà
de l’avoir révélé à Munich, qui est la ville
traditionnelle de leurs manifestations artis-
tiques; ils vont refaire l’exposition à Berlin.

Il ne serait pas impossible qu’on lui fit
aussi accueil à Paris. La Société Nationale,
le Salon d’Automne ont pris l’habitude de
consacrer une de leurs salles à des expositions
rétrospectives. Celle de Marées présenterait
pour nous un grand intérêt documentaire.
On pourra l’admirer plus ou moins, ou même
ne pas l’admirer, selon les préférences de
chacun. Mais les historiens auront plaisir à

trouver entre le présent et le passé un chaî-
non de plus, et à saisir une trace nouvelle
de ce mouvement de création qui transforme
toutes choses et qui est la vie même.

La Galerie des Machines est fatalement
vouée à périr. Longtemps on espéra la sauver.
Des négociations sans cesse renouvelées,
ajournées et reprises ont fait passer ceux qui
la défendaient par des alternatives sans
nombre depuis un an. Ce qui est singulier,
c’est qu’elle disparaisse non parce que telle
est la volonté réfléchie de l’État ou de la
Ville, mais parce qu’elle est simplement vic-
time de la négligence. Il semble bien que le
Conseil municipal et l'État aient d’abord
songé à la conserver ; elle devait être trans-
portée aux Moulineaux ; mais il y avait des
délais, et on les a laissé passer. De guerre
lasse, le Conseil municipal a mis la Galerie
en adjudication. Elle sera détruite. Et elle
aura cette originalité d’être regrettée. Elle
offrait l’exemple hardi d’une construction
moderne ; par l’emploi des matériaux, la
forme, les proportions, le style, elle repré-
sentait quelque chose de son époque. Peu
nombreux sont les monuments nés dans la
joie des Expositions desquels on en puisse
dire autant, et il en est de plus prétentieux
qui finiront un jour sans emporter un seul
regret des hommes attentifs à la renaissance,
si lente à venir, de notre architecture.

-f-y< I-

NOUVELLES

*** Par arrêté en date du 4 février 1909, le
ministre de l’Instruction publique et des
Beaux-Arts a nommé M. Hennebains, pro-
fesseur de la classe de flûte au Conservatoire
national de musique et de déclamation, en
remplacement de M. Tafïanel, décédé.
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