La chronique des arts et de la curiosité — 1909

Page: 157
DOI issue: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cac1909/0167
License: Free access  - all rights reserved Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
N* 20. - 1909. BUREAUX : 106, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (6e) 15 Mai.

LA

CHRONIQUE DES ARTS

ET DE LA CURIOSITÉ

SUPPLÉMENT A LA GAZETTE DES BEAUX-ARTS

PARAISSANT LE SAMEDI MATIN

Les abonnés à la Gazette des Beaux-Arts reçoivent gratuitement la Chronique des Arts et de 13 Curiosité

Prix de l’abonnement pour un an

Pari?, Seine et Seine-et-Oise. ... 10 fr.

Départements. 12 fr.

X-.© Wcméro

Étranger (Etats faisant partie de

l’Union postale)
O fr. 2 B

15 fr.

PROPOS DU JOUR

ous sommes depuis quelques jours
( en possesion d’une nouvelle Com-
mission. Elle sera interministé-
rielle et s’occupera de coordonner
l’action des administrations des Finances, de
l’Intérieur, des Beaux-Arts et de la Ville. Elle
devra veiller aux perspectives de Paris ; elle
pourra demander à classer certaines rues ou
certaines places, comme on fait pour les mo-
numents historiques. Telle est la nouvelle
qu’un communiqué officiel a récemment ap-
prise aux amis de Paris, justement inquiets
de l’enlaidissement croissant de leur ville.

Prenons-lapour ce qu’elle vaut. Une Commis-
sion ne fait pas plus, à elle seule, une réforme
qu’une hirondelle ne fait le printemps. On en
a vu beaucoup naître et mourir sans avoir
rien accompli, et il y aurait quelque naïveté
à croire que quatre administrations réunies
feront par enchantement, ensemble, leur de-
voir qu’elles ne remplissaient pas séparément.
Si chaque ministère, dans son département,
avait veillé à la stricte application des lois,
si la municipalité avait su maintenir le res-
pect des règlements et des servitudes, nous
ne verrions ni façades défigurées, ni maisons
surélevées, ni jardins encombrés, ni places
historiques rendues méconnaissables. Ce que
le public demande, c’est la sauvegarde de
Paris. On lui répond par la naissance d’une
Commission; soit, mais que cette Commission
fasse œuvre utile.

Une bonne condition serait qu’elle ne com-
prit pas seulement des fonctionnaires, ou des
membres d’humeur facile et accoutumés à
être dociles aux ministères. Il y a, au Parle-
ment et ailleurs, un certain nombre d’hom-
mes qui se sont occupés librement et avec

zèle des questions relatives à la beauté de Paris,
qui sont instruits des circonstances en cause
et des lois, qui ont combattu depuis de nom-
breuses années et qui ont des idées. Peut être
ne serait-il pas inutile de les consulter et, au-
tant que possible, de les faire entrer dans la
commission. Cette Commission interministé-
rielle n’existera que si elle sort de la torpeur
administrative et si elle agit; elle n’agira que
si elle est animée par la volonté d’hommes
ayant à cœur, non pas de faire un travail
d’apparence, mais d’aboutir. On saura bien
vite si elle ressemblera à tant de commissions
mort-nées, ou si elle va vivre et travailler.
On ne lui ménagera pas les éloges pourvu
qu’elle prenne la peine de les mériter.

NOUVELLES

*** Par suite du legs de M. Charles Drouet,
le musée du Luxembourg vient de recevoir
une des plus belles études de Wliistler,
L'Homme à la pipe, et le Portrait d'Antoine
Jecker, par M. Garolus Duran.

*** Le musée de Versailles vient de faire
une acquisition intéressante : celle d’un por-
trait de Baudelaire, daté de 1844, dû au pein-
tre Emile Deroy. Ce portrait, qui a figuré à
l’Exposition centennale de 1889 — et non de
1900, comme il a été dit par erreur — est un
remarquable morceau de peinture roman-
tique, et la plus importante image qui existe
du poète des Fleurs du Mal. Il a figuré au
Salon de 1844 et été gravé en tête de l’étude
d’Asselineau sur Baudelaire.

Cette œuvre sera exposée au musée de
Versailles, dans les nouvelles salles de l’époque
moderne qui seront inaugurées le mois pro-
chain.

*** La Société des Amis de Versailles vient
d’organiser pour ses membres une série de
conférences et de visites au château, dont la
loading ...