La chronique des arts et de la curiosité — 1913

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LA CHRONIQUE DES ARTS

tée par le comité, cette proposition fut re-
poussée par l'assemblée générale. En présence
de ce rejet, les membres de la commission
et le comité de la direction donnèrent leur
démission. Il sera prochainement procédé à
l'élection pour le renouvellement du comité.

**# Le comité de la Société des Artistes
indépendants vient de renouveler les mem-
bres de son bureau.

On été réélus : MM. Signac, président ;
Luce et Paviot, vice-présidents ; A. Séguin,
secrétaire ; Deltombe, secrétaire-adjoint ; Pé-
rinet, trésorier.

Le comité fait connaître que les inscrip-
tions pour le Salon de 1914 seront closes le 31
décembre courant. S'adresser : 18, rue Ma-
zarine.

*** Des sauvages malfaisants se sont amu-
sés à mutiler au Père-Lachaisele chef-d'œuvre
de M. Bartholomé : Le Monument aux Morts;
ils ont cassé les doigts et des pieds aux figu-
res des gisants. On annonce que, pour éviter
le retour de semblables attentats, on va,
après les restaurations nécessaires, interdire
l'approche du monument en établissant de-
vant l'œuvre un miroir d'eau. Il est regret-
table qu'une surveillance attentive ne suffise
pas à la protéger et que le public soit con-
damné à ne plus voir que de loin les figures
si émouvantes de cet ensemble.

**# L'allée de châtaigniers qui a fourni à
Théodore Rousseau le sujet d'un de ses plus
célèbres tableaux, acquis l'an dernier par le
Louvre, est, paraît-il, menacée de destruc-
tion par suite d'aliénation. Elle est située en
Vendée, au château de Souliers, près de Bres-
suire. La Commission des monuments histo-
riques a demandé à l'administration des
Beaux-Arts qu'elle fût classée comme site ar-
tistique. Elle fut peinte par Rousseau, en
1837, alors qu'il villégiaturait chez son ami
Charles Leroux. Le tableau fut refusé par
le jury du Salon de 1838.

*** La statue de Francis Garnierqui ornait
à Saint-Etienne la place Marengo vient d'être
déboulonnée, sous prétexte qu'elle gênait les
travaux d'embellissement de cette place. Sur
les plaintes de là Société de géographie com-
merciale et de la famille de Francis Garnier,
annonce le Courrier colonial, la municipalité
consentirait à réédifier le monument sur une
place très exiguë : la place Mi-Carême.

#*# Il vient de se constituer à Bordeaux une
Société des Amis de Bordeaux qui se propose
non seulement de veiller à la conservation des
magnifiques monuments qui sont la parure
de la cité, mais encore de s'intéresser aux
nouveaux travaux projetés pour l'embellisse-
ment cle la ville et qui vont être inaugurés
prochainement par la construction de deux
pavillons dans le goût du xviue siècle desti-
nés à compléter la perspective des Quinconces.

*** Un incendie a détruit, le 15 décembre,
une partie du château grand-ducal deSchwe-
rin, et notamment la salle des Gobelins, où
se trouvaient des tapisseries universellement
célèbres.

PETITES EXPOSITIONS

Société internationale
de Peinture et Sculpture
(Galerie G. Petit)
Nous avons entendu les visiteurs admirer l'élé-
gance des modèle» de M. Lazlo, la grâce des dan-
seuses de M. Carrier-Belleuse, et la vertueuse
Maternité de M. Burnand. M. Woog est évi-
demment très habile, M. Laparra peint avec
toute la science d'un prix de Rome un Benedicite
à San Damiano : M. R. Bunny expose, à côté des
scènes de sa façon, des groupes de pêcheurs
d'Etaplos d'une facture plus vigoureuse ; M Tkat-
chenko a peint des paysages de petite Russie très
exacts de ton. Quelques sculptures se dressent au
milieu de la salle : des types pittoresques du Ma-
roc, par M. D. Bacqué; des bronzes joliment pa-
tinés, par M. Berthoud; et surtout, par M. Lan-
dowski, une Charmeuse de serpents au corps élé-
gamment modelé, et une réaliste Canoteuse de
Saint-Etienne.

Exposition des Peintres et Graveurs de Paris
(Galerie Brunner)

M. Beurdeley a prêté une partie de sa collection
pour constituer une petite rétrospective. Quelques-
unes de ces œuvres avaient figuré à la Gen-
tennale de 1900 et à celle de Saint-Pétarsbourg.
Nous voyons et revoyons avec plaisir le por-
trait de David par lui-même, les dessins de Debu-
court, les études de Delacroix pour Saint-Sulpico
ou le Palais-Bourbon, un portrait d'Ingres, des
aquarelles ou crayons de Carie Vernet, Raffet,
Lami, Gharlet, Daubigny, Daumier, qui font re-
vivre pour nous les années de la Restauration ou,
comme Constantin Guys, du second Empire.

Parmi les contemporains, quelques uns des maî-
tres impressionnistes sont représentés; Pissarro
nous montre la Place du Théâtre-Français par la
pluie ou le soleil; M. Guillaumin le Pont Sully.
Les oeuvres de MM. Forain et La Touche sont déjà
assez anciennes. Les dessins de M. Chéret nous
prouvent que, même en face de la nature, cet ai-
mable artiste ne peut oublier le trait piquant, le
geste élégant qui, dans ses pastels, ajoute au
charme des couleurs et des lumières. M. Legrand,
dans ses eaux-fortes,aime représenter,comme Tou-
louse-Lautrec les coulisses et les cafés de nuit.
Les dessins de M. Lu. Petit ne sont pas moins spi-
rituellement observés et heureusement rendus que
ses tableaux. Bref, une exposition formée d'œuvres
d'origine et de caractère divers, mais presque
toutes intéressantes.

Exposition

de la Société des Peintres-graveurs Français
(Galerie Devambez)
Trois cents estampes ! et, ce qui est agréable et
déconcertant pour le critique, la plupart dignes
d'éloges. Que les artistes oubliés nous le pardon-
nent ! Nous retrouvons ici M. Le Meilleur, dont
nous avons vu, à l'<< Eclectique », les gravures au
trait net et clair; M. Legrand. cité p'us haut, ou
M11" J. Bardey, dont nous avions admiré les nus à
la même galerie. Parmi ces artistes, les uns veu-
lent rendre le clair-obscur, la matière avec des
tailles et des grains; M. de Brugcker a exécuté un
Marché aux fruits gras et coloré ; M. Ilallo mon-
tre les masses romantiques des cuirassés; M. Mar-
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