Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 9.1861

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LES TRESORS SACRES DE COLOGNE

DESSINÉS ET DÉCRITS PAR FRANZ BOCK{

Cologne, la cité aux sept collines, qui apparaît
clans vos rêves comme une seconde Rome embellie par
la poésie des légendes et par le prestige des arts,
semble être tout d'abord la plus maussade ville qui
soit. Aussi ie premier désir que l'on éprouve, après
avoir parcouru quelques-unes de ses rues mal alignées,
est celui de la quitter au plus tôt. L'Allemagne possède
des villes à rues plus tortueuses, comme Prague et
Ratisbonne; mais les maisons qui bordent ces rues, appartenant aux
siècles passés, réjouissent l'œil par quelque détail pittoresque ou l'as-
sombrissent par quelque mur plus sombre et plus aveugle que celui
d'une forteresse, et en tous cas l'occupent sans cesse. Mais à Cologne, les
maisons sont modernes, mesquines, plâtrées, crépies ou badigeonnées, et
trop souvent de misérable apparence.

Puis, l'on vous a tant parlé du Dom, et l'on vous en parle tant, que,
votre première visite étant naturellement pour lui, on est tout furieux de
se trouver devant une grande église française de la fin du xnie siècle
dont la nef est trop courte, dont les détails sont bien roides et bien secs
dans les parties achevées, dont l'œuvre est bien délabrée dans celles qui
ne le sont pas.

Lorsque vous entrez, vous êtes assailli par les ciceroni, cette plaie du
voyageur, cette machine vivante qui s'empare de vous, espèce de loco-
motive qui vous mène de station en station sur les rails de la routine
pour vous y débiter un tas d'erreurs et de platitudes.

"Vous vous prenez alors à maudire la manie qui vous a poussé à voya-

\. Un vol. in-4° avec 48 planches lithographiées. — Paris, A. Morel et Ce. (En cours
de publication.)
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