Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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HIPPOLYTE FLANDRIN

La mort d’IIippolyte Flandrin a été un
coup soudain, imprévu de tous, et dont
chacun s’est senti atteint, sans mesurer
k d’abord l’étendue de la perte et la pro-

fk fondeur de la blessure. Quand on apprit

que le grand artiste, qui était allé cher-
pT cher à Rome un peu de repos et de force,
y avait rencontré la maladie et la mort,
Vj il n’y eut pas d’indifférents. Ceux qui ne

[X l’avaient approché que par ses ouvrages,

A | ou qui semblaient jusqu’alors le moins

touchés par leurs beautés, se trouvèrent
réunis avec ceux qui l’avaient le mieux
connu et aimé dans les mêmes amers re-
grets. On peut dire que dans la foule qui
se pressait à ses funérailles et ne pouvait
pénétrer dans l’église devenue trop étroite,
il n’y avait pas d’étrangers. Le deuil était
général; les paroles qu’on entendait sortir
de toutes les bouches témoignaient que
pour tous un vide s’était fait. Ce vide pa-

raît plus grand aujourd’hui qu’il n’était hier; de jour en jour il grandira
à mesure que manqueront càceux qui pouvaient y compter l’amitié, les con-
seils, les exemples de ce maître si doux et si humble dans son langage,
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