Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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Lettre de Paolo Mario à un ministre du duc d’Urbino. (Archives centrales de Flo-
rence, Coll. d’Urbino Div. G., rayon 254.)... « Il m’a paru qu’on avait apporté plus de soin
à faire ce service en terre que s’il s’était agi de joyaux. Les cartons, venus de Rome
pour chaque pièce, sont l’œuvre d’un peintre illustre qui a retracé tous les événements
de l’histoire de Jules César. En outre, il a fallu faire et défaire le travail plusieurs fois
par suite d’accidents que je ne veux pas raconter ici. Enfin, le service tout entier est
fini, et avec une telle perfection, qu’on y trouve les mérites réunis de la peinture, de
la sculpture, de la miniature, et de l’histoire de César, que Muzio de Justinopolis,
homme docte et éminent, secrétaire de S. E., a rendue dans des vers et des extraits
placés au revers de tous les vases. S. E. les a envoyés sous la conduite d’un ouvrier
intelligent1 qui les a fort bien emballés dans dix coffres et fera tous ses efforts pour
qu’ils arrivent sains et saufs, ce que je prie Dieu de faire en les délivrant des mains des
douaniers d’Aragon2.

« Urbino, L7 septembre L563. »

II.

« Baptiste de François au très-illustre duc deFerrare, son seigneur. » (Archives de
Modène.)

« Le serviteur très-fidèle et spécial de Votre Excellence, maître Baptiste (fils) de
François, maître en majolique et fabricant de vases très-nobles, rares, très-beaux et de
différentes qualités, notifie, par cette lettre mal composée, à V. E., qu’il habite actuel-
lement Murano, dans le district de Venise, avec sa femme et ses enfants, et qu’il y tient
une boutique bien pourvue de vases et autres productions du même genre. Ayant en-
tendu exalter la magnanimité et la réputation de V. E; par plusieurs seigneurs et gen-

1. C’est peut-être Raphaël Ciarla. (Pungileoni, Notices sur les majoliques cl’Urbino.)

2. Il s’agit, dans cette lettre, d’un serviGe de majolique envoyé en présent à Philippe II par
e duc Guidobaldo II, le même, croyons-nous, que celui dont il est question dans une lettre
écrite par le célèbre littérateur Annibal Caro à la duchesse Vittoria, femme de Guidobaldo, le
15 janvier 1563. Voici le passage : « Le duc votre époux a fait faire ici nombre de dessins, sur
divers sujets, pour les peintures d’un service en majolique d’Urbino qui est maintenant ter-
miné. Les dessins sont restés entre les mains de cos ouvriers. »
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