Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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LA FAÏENCE PARLANTE

DU CENTRE ET DU MIDI DE LA FRANCE.

1.

es recherches sur la fabrication de la cé-
ramique ont pris à notre époque un déve-
loppement considérable qu’un philosophe1
regarderait peut-être comme frivole. 11 n’en
jaillira pas moins d’utiles enseignements
historiques et artistiques. La faïence par-
lante surtout fournira des détails de mœurs,
des témoignages d’aspirations patriotiques,
des cris que les historiens seront étonnés
de lire sous l’émail qu’on n’avait pas été
habitué à regarder jusqu’alors comme une source de documents.

Peu de collections qui ne renferment quelques-unes de ces pièces
qu’aucun archéologue n’a étudiées jusqu’ici. De curieuses monogra-
phies ont été rédigées par les spécialistes qui tiennent les uns pour
Rouen, les autres pour Marseille, ceux-ci pour Moustiers, ceux-là
pour Nevers ; mais traitées surtout au point de vue de l’ornementa-
tion de la terre, des émaux, de la forme et du fond, du contour et de
la couleur, ces études devaient laisser de côté les manifestations écrites
du peuple, quand d’ailleurs tout était à chercher : privilèges de potiers,
marques, signatures, analogies particulières qui font du curieux en céra-
mique un chercheur infatigable, remuant la poussière des archives pour

i. « Appelez-vous oisif celui qui, avec une intention inquiète, s’occupe à ranger
symétriquement des vases de Corinthe, que la folle manie de quelques curieux a rendus
précieux? » (Sénèque, de Brevitate vitœ.)
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