Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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HIPPOLYTE FLANDRIN

ix ans après l’achèvement de ses travaux à
Saint-Paul, de Nîmes, Flandrin, appelé dans
sa ville natale, y décorait l’ancienne abbaye
d’Àinay de peintures qui doivent être rappro-
chées des précédentes, parce qu’elles ont été
conçues dans le même esprit et dérivent de
la même inspiration. L’ancienne église abba-
tiale, reconstruite au xe et au xi° siècle et plus
tard encore modifiée sans doute, reproduit,
comme Saint-Paul, par sa division en trois nefs terminées par trois absides,
le plan et la disposition des plus anciens temples chrétiens; mais elle n’est
pas, comme la basilique moderne, éclairée par des flots de lumière qui ne
laissent dans l’obscurité aucune partie de l’édifice, aucune des figures dont
le peintre l’a revêtu. À Ainay, ce n’est guère qu’à la clarté des lampes et
des cierges que l’on parvient à distinguer, à la voûte des absides, les grandes
silhouettes dont le contour se découpe pur et ferme sur le fond d’or
étincelant. Il faut se résigner à perdre à peu près tout le reste; et
cependant les personnes à qui il a été donné de considérer ces peintures de
près affirment que dans aucune œuvre le pinceau de Flandrin n’a été plus
souple, plus savant et plus ferme. Un petit nombre de figures symétri-
quement placées et d’une simplicité extrême d’attitude et de geste suffit I.

I. Voir la précédente livraison (août I S6V).
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