Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

ON THE PRINCIPAL PORTRAITS OF SHAKSPEARE
par M. George Scharf, f. s. a.

Petit in-8° de '15 pages, Londres, '1864.

George Scharf, qui s’était toujours préoccupé par goût de l’iconographie
anglaise avant que de s’en occuper par devoir en qualité de directeur
de la « National portrait Gallery, » établie à Londres par ses soins, vient
de célébrer à sa manière le jubilé shakspearien en publiant une étude
sur les principaux portraits du grand tragique anglais. C’est des Noies and Queries,
journal par demandes et par réponses dont Y Intermediaire espère devenir l’équi-
valent en France, qu’est extraite la brochure substantielle de M. G. Scharf.

Trois portraits surtout possèdent un certain caractère d’authenticité, et ont servi de
types à tous ceux qui ont créé le type populaire. L’un est une gravure, l’autre une
sculpture, le troisième une peinture.

La gravure est celle de Martin Droeshout, artiste flamand qui résida quelque temps
en Angleterre. Elle sert de titre à la première édition des pièces de Shakspeare publiée
à Londres en '1623, sept ans après la mort du poëte. Le tirage l’usa bientôt et en fit
une caricature, mais les premiers exemplaires, comme celui du British Muséum, offrent
tous les caractères d’une œuvre consciencieuse et exécutée d’après un de ces crayons
comme on en fit tant aux xve et xvie siècles.

La sculpture est le monument de Stratford-sur-Avon, exécutée par Gérard Johnson
avant J653, et érigé probablement sous la direction du Dr Hall, beau-fils de Shaks-
peare. Ce buste, exécuté en pierre tendre, très-sommairement, pour être enluminé et vu
de loin et en dessous, perd beaucoup à être comparé dans ses moulages avec la gra-
vure. Cependant il y a certains points de ressemblance entre les deux œuvres qui
doivent représenter Shakspeare tel qu’il était à la fin de sa vie.

La peinture connue sous le nom de « Chandos portrait », du nom de son dernier
possesseur, est aujourd’hui exposée dans la « National portrait Gallery ». C’est, suivant
M. G. Scharf, un portrait fait après la mort, et se rapprochant plus du buste que de la
gravure. Quelques auteurs l’ont attribué à l’un des frères de Shakspeare, peintre et
comédien dans sa troupe. On en suit les migrations de main en main depuis l’année
1668.

C’est en combinant ces trois portraits, en prenant de l’un et de l’autre dans des pro-
portions variables, que furent créés les différents types qui illustrèrent successivement
les différentes éditions des œuvres de Shakspeare.

M. G. Scharf analyse et discute tous ces types, montrant ce. qu’ils ont emprunté à
chacune des œuvres mères, et débrouille avec un grand savoir toutes les questions
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