Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

Page: 516
DOI issue: DOI article: DOI Page: Citation link: 
https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/gba1864_2/0533
License: Public Domain Mark Use / Order
0.5
1 cm
facsimile
GRAMMAIRE

DES ARTS DU DESSIN

ARCHITECTURE, SCULPTURE, PEINTURE

LIVRE DEUXIÈME

SCULPTURE

XII.

POUR LES ANIMAUX, COMME POUR LA FIGURE HUMAINE,

LE SCULPTEUR PEUT ET DOIT PRÉFÉRER A LA VÉRITÉ INDIVIDUELLE
LA VÉRITÉ TYPIQUE.

Si l’on en juge par les monuments de l’antiquité la
plus haute, les hommes du premier âge furent frap-
pés d’une sorte de terreur religieuse à la vue des
grands animaux qui semblaient avoir survécu aux
cataclysmes du globe, et leur imagination effrayée
se les figura plus étonnants encore qu’ils n’étaient,
et plus terribles. Il n’est pas, en effet, dans la créa-
tion de plus étrange mystère que l’animal. Quelle
force inconnue le meut et le conduit? Où git le prin-
cipe de la fonction ou plutôt de la mission qu’il paraît
accomplir? Que signifient ses regards interrogateurs
et profonds? Pourquoi ses yeux jettent-ils parfois du
feu dans la nuit?... L’homme, qui a conscience de
lui-même, qui peut se connaître, s’exprimer par la
parole ou par le geste, et laisser lire sur son visage
ses secrets les plus intimes, l’homme est un mystère
beaucoup moins redoutable que ces êtres muets qui
ne rompent leur silence que par des sons inarticulés, par des hurle-
loading ...