Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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GRAMMAIRE

DES ARTS DU DESSIN

ARCHITECTURE, SCULPTURE, PEINTURE

LIVRE DEUXIÈME

SCULPTURE

X.

LE SCULPTEUR GÉNÉRALISE LE VÊTEMENT PAR LA DRAPERIE ET PARTICULARISE
LA FIGURE PAR LES ATTRIBUTS.

a sculpture, avons-nous dit, est « une imita-
tion choisie et palpable des formes vivantes. »
Son principal objet est donc le nu, c’est-à-dire
la forme sans voile, telle qu’elle est sortie des
mains de Dieu, dans toute sa beauté, dans toute
son expression. Il semble même au premier
abord que le vêtement doive être pour le sculp-
teur un obstacle. Et cependant la draperie,
dans l’art statuaire, est un nouveau moyen d’expression, une autre
manière de manifester le beau.

Bien que l’esprit soit répandu dans tous les membres, comme un cou-
rant magnétique, il est des parties de la forme humaine dont la destina-
tion et la beauté sont purement corporelles, et qui ajouteraient si peu de
chose au caractère, qu’il est indifférent de les montrer nues ou de les
cacher. 11 est même préférable de dérober les parties à peu près insigni-
fiantes pour mieux faire ressortir celles qui sont une image plus expres-
sive et plus claire de la vie spirituelle.

Mais la draperie a-t-elle sa raison d’être dans cette espèce de honte
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