Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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LE CARDINAL D’ESTE ET BENVENUTO CELLINI.

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Paris, est appelé des Mâfii, et nous le voyons recevoir soixante livres
tournois pour six petites aiguières et trois vases en argent qui lui avaient
été commandés par le cardinal.

Aucun auteur, à notre connaissance, n’a rien trouvé à ajouter, au
sujet de ces deux artistes, à ce que disent les Mémoires et les Traités de
Cellini; et cependant, leur habileté, reconnue même par ce maître si peu
porté à l’éloge, est encore démontrée par l’importance de leurs travaux
et par le nom de celui qui les leur demandait. Le cardinal Hippolyte,
accoutumé à employer les talents les plus élevés dans toutes les branches
de l’art, et doué du goût le plus exquis, ne leur aurait certainement pas
confié des ouvrages si nombreux et si importants à côté des Marcel, des
Hottmann, des Tutin et des autres illustres orfèvres de Paris, qui travail-
laient à son service, s’il n’avait trouvé en eux des hommes dignes de lui-
même et de leur art, et des continuateurs distingués de la renommée de
leur maître.

Ici s’arrête ce que nous savons de Paolo Romano et d’Ascanio de
Tagliacozzo. Nous finirons notre travail par une pensée affligeante. De
tant d’œuvres magnifiques d’orfèvrerie, dont nous avons fait mention,
qui feraient aujourd’hui l’ornement des plus nobles musées et l’admi-
ration des amis de l’art, aucune n’est parvenue jusqu’à nous, si l’on ex-
cepte la salière commandée par le cardinal, exécutée par Cellini pour le
roi François Ier, et donnée par Charles IX à l’empereur Maximilien II,
laquelle est aujourd’hui conservée au trésor impérial de Vienne.

Le noble art d’Orcagna, de Finiguerra, de Francia et de Cellini a deux
puissants ennemis dont rarement il triomphe : la cupidité et la mode.

GIUSEPPE CÀMPORl.

XVII.

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