Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE

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recueils que nous avons sous la main, nous rencontrons cette figure de la Lucrèce ro-
maine travaillant au métier et entourée de ses femmes; dans l’un des deux Buratto
(n° 2), dans un recueil allemand que nous avons cité et dans le troisième volume
italien d’Ostans (n° 32). Cette dernière composition est même reproduite en fac-
similé dans l’ouvrage de Rudolphe Weigel (Holzschnitte berühmter Meister), comme
spécimen de gravure sur bois du Porta Garfagnino dit Salviatino. L’exemplaire
décrit par M. Alvin a une déchirure dans la marge inférieure du titre; ce défaut
fait disparaître malheureusement la date, ainsi que le nom de l’imprimeur. Si nous
devions juger parle titre, l’ouvrage d’Ostans, avec ses grotesques, fontaines, chasses,
nymphes et satyres, aurait fait les frais de ce curieux volume. La différence de format
ne signifie rien, car l’éditeur a pu réunir plusieurs planches sur une même feuille. Les
dessins de 'point coupé pourraient bien aussi appartenir à l’ouvrage de C. Vecellio, si
souvent exploité depuis.

Maintenant, parlons de quelques ouvrages que nous avons à ajouter à notre cata-
logue des éditions italiennes.

Le premier livre italien de modèles de lingerie, dentelles, etc., portant une date cer-
taine, n’est point celui de Zoppino, 1529, comme nous l’avons avancé, mais bien l’ou-
vrage du Tagliente 1, Venise, 1528, in-4°, ayant pour titre : « Opéra nuova, et insegna
aile donne a cuscire (sic) a raccamare, et a disegnar a ciascuno, et la detta opéra sarà
di molta utilita ad ogni artista, etc. » C. Brunet, dans la dernière édition du Manuel,
décrit l’exemplaire Bertin vendu 175 francs. Nous avons ailleurs fait remarquer que ,
dans une des éditions sans date du Vavassore, l’alphabet gothique de la fin était le
même que dans l’ouvrage de calligraphie du Tagliente. Ce rapprochement nous fait sup-
poser que cette édition de 1528 n’est qu’une reproduction du livre de Zoan Andrea,
donnée par le Tagliente, du consentement du premier. Rien ne ressemble mieux au
Guadagnino que ces manœuvres très-lucratives qui devaient en imposer au public2.

Sous la date de 1591 (n° 35), nous avons parlé des différentes éditions de l’ouvrage
de broderie de Cesare Vecellio. Eh bien, en dix-sept années, on a reproduit les quatre
parties au moins huit fois. Ces dessins sont, il est vrai, très-pratiques et d’une grande
variété; mais il s’en faut de beaucoup qu’ils soient les plus beaux.

Sous le n‘‘ 44 (1re partie), à la date de 1620, nous avons négligé de donner à Catanea
Parasole quatre autres éditions de son livre : Venise, 1600, et Rome 1616 — 1625
et 1636. — La seconde est dédiée par la Parasole : « Alla serenissima principessa donna
Elisabetta Borbona d’Austria. — Si vendono da Mauritio Bona, etc. : sign. A... M.,
4 obi. » — La dernière est adressée : « AU’ altezza serenissima di madama la gran
duchessa di Toscana. Mando di nuovo aile stampe i disegni degf ingegnosi lavori che
nello artifizio di soltilissime fila inventé Elisabetta Catanea Parasole Romana célébré
per tal inventione appresso le Dame d’Europa. » Voilà donc cinq éditions du charmant
ouvrage delà Parasole, que l’éditeur Bona nous dit avoir été célèbre près des grandes
dames, en Europe, à cause de ses délicieuses inventions. Et pourtant il n’en est pas
fait mention dans la Biblioteca femminile llaliana, du comte Pielro Leopoldo Ferri,

1. Et non Sagliente comme on a-imprimé par erreur, dans l’Essai, etc.., t. XV.

2. L’éditeur, M. Pagan, de Venise, donna en 1551 un recueil que nous avons décrit au
n° 17 (lre partie). Sous le titre de « Honesto esempio », il publia cette même année un nou-
veau livre qui diffère du premier par le texte et le nombre des gravures.
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