Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 17.1864

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GAZETTE DES BEAUX-ARTS.

moins parlé, mais on s’est mis à l’œuvre : l’Angleterre, à la suite des
grandes exhibitions de son Palais de Cristal, a inauguré à South-Ken-
sington un musée d’art dont les proportions se sont bientôt trouvées en
rapport avec la fortune d’un pays où les millions surgissent toujours là
où ils sont utiles. Pour seconder cette entreprise, les amateurs ont ouvert
leurs galeries, et les ouvriers émerveillés ont pu voir, pendant des mois,
des trésors artistiques plus nombreux qu’aucun des musées du monde en
puisse réunir. Les écoles se sont élevées; les modèles ont voyagé de
ville en ville ; la lumière a pénétré partout avec le concours de tous, et
aujourd’hui, c’est par centaines de mille qu’on peut nombrer ceux qui
vont recueillir cette manne bienfaisante de l’instruction qui donne la vie
à l’intelligence. L’Autriche elle-même, si rétrogrades que soient cer-
taines de ses tendances, a compris combien elle avait déchu sous le
rapport industriel, et combien elle pouvait, en retrouvant son ancienne
splendeur, améliorer l’état de ses finances. Là aussi, des écoles sont
ouvertes; les musées, les riches possesseurs des chefs-d’œuvre prêtent
de brillants modèles, et bientôt, de ce côté, surgira encore la concurrence
intellectuelle.

Comment ne pas s’émouvoir? D’abord, selon l’usage, on a jeté les
yeux vers le pouvoir; l’impuissance des commissions formées, comme
toujours, d’hommes éminents, mais étrangers aux questions soumises à
l’étude, n’a pas tardé à se révéler. Le temps marchait; nos rivaux, pro-
gressant toujours, avançaient vers le but. Des hommes de bonne volonté
ont voulu parer au danger d’une plus longue expectative. A défaut de
mesures d’ensemble, ils ont fait appel, de divers points, à ceux que la
soif d’instruction dévore, et qui n’attendaient qu’un signal pour se pré-
parer à la lutte. Grâce à l’initiative de M. Natalis Rondot, secondé par la
Chambre de commerce, Lyon a eu ses écoles; à Paris, des sociétés
diverses se sont fondées, tantôt rivales, parfois disposées à l’union, mais
arrivant, parla force des choses, à un résultat unique, l’éducation des
classes industrielles et du public.

Ce serait montrer une grande ingratitude que de ne point mentionner
parmi ces efforts généreux l’initiative des frères des écoles chrétiennes,
qui ouvrirent des premiers leurs classes aux adultes, celle des écoles
municipales et des associations philotechnique et polytechnique. On nous
dira peut-être que les cours dont nous venons de parler avaient pour but
l’éducation générale plutôt que l’enseignement professionnel. Non ;
tâchons ici de ne point faire comme dans les régions administratives, où
les mots tiennent lieu des choses : parmi les classes du soir pour les
adultes les plus nombreuses, les plus suivies, sont les classes de dessin ;
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