Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 26.1882

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L’ANCIEN MUSÉE

DES MONUMENTS FRANÇAIS

AU LOUVRE

(premier article.)

En juillet 1878, au milieu d’un
travail sur la formation de nos
collections nationales, Fauteur du
présent article écrivait ce qui suit
dans la Berne des questions histo-
riques : « Lenoir, en dépit de
l’ironie, de la jalousie, des intri-
gues de ses rivaux, a travaillé pour la postérité. Il a créé le recueil
des pièces justificatives de l’admirable livre que son contemporain,
Emeric David, écrivait sur la sculpture française. Lenoir, — le fonda-
teur Lenoir, suivant la qualification qu’il aimait, à si juste titre, à se
décerner, — a fondé et pour longtemps. Savez-vous pourquoi? Lenoir
avait foi dans la science. Peu importe que cette foi ait été celle du char-
bonnier. Cette foi a fait et fera vivre son œuvre. Détruite en apparence,
cette œuvre est théoriquement plus vivante qu’une partie de la moderne
organisation de nos musées nationaux. Passe un souffle d’intelligence
avec le marquis de Laborde, et tout le bagage longtemps accumulé au
Louvre sans préoccupations historiques, sans principes et sans méthode,
a été remanié. Lenoir, au contraire, avait, dès le début, donné à ses col-
lections une base raisonnée et scientifique. Non seulement son musée sera
recréé avant vingt-cinq ans, mais rien ne sera changé au principe qui
avait présidé à sa formation. Non, le Musée des Petits-Augustins n’est
pas mort. L’œuvre avait une telle cohésion, une telle vitalité, que ses
débris, dispersés partout, tendent toujours à se rapprocher et s’agitent
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