Gazette des beaux-arts: la doyenne des revues d'art — 2.Pér. 26.1882

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L ’ OE U V R E

i) i<:

MAURICE QUENTIN DE LATOUR1

l n’est personne, parmi ceux qui s’intéres-
sent à l’art français, qui n’ait été, au moins
une fois dans sa vie, faire une visite, je
dirais presque un pèlerinage, à cette jolie
salle Fervnqves où la ville de Saint-Quen-
tin a réuni les quatre-vingts pastels de
Latour que lui a légués son frère, le Gen-
darme Latour. Il n’est personne, parmi
ces pèlerins du beau, qui, s’il y est entré
indifférent, n’en soit sorti fanatique de
ce merveilleux artiste. Je me rappelle comme si c’était d’hier l’impres-
sion que produisirent sur moi ces délicieux dessins quand je les vis pour
la première fois, en 1857, l’année qui suivit l’inauguration du Musée.
Voilà vingt-cinq ans de cela : un quart de siècle! Gomme le temps passe
et que je suis vieux! Je connaissais, j’admiiTiis les pastels de Latour du
Louvre et ceux qui lui étaient attribués dans les collections particulières
de l’époque. J’avais lu et relu les fines et justes appréciations de Mariette
et les éloges inconsidérés et portant toujours si à faux de Diderot ; je
connaissais tous les passages que les contemporains ont consacrés au
caractère bizarre, aux singulières escapades, parfois à l’insupportable im-

1. Soixante-dix portraits gravés par A. Lalauze. Saint-Quentin, Ch. Poelte, 1882.
Un volume in-folio.
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